10 sites à voir pour admirer les vitraux de Metz

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Lors de mes visites à Metz, je ne peux m’empêcher d’entrer dans les églises de la ville. Il y a bien sûr l’incontournable cathédrale Saint-Etienne, mais également d’autres sanctuaires qui méritent tout autant une visite. Parmi les éléments caractéristiques des églises figurent les verrières colorées qui attirent nombre de visiteurs vers leurs couleurs vives. Ca tombe bien, la cité mosellane en compte parmi les plus beaux de la région. Dans cet article, je vous emmène découvrir les vitraux de Metz dans 10 sites exceptionnels.

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Qu’est-ce qu’un vitrail ?

Avant de commencer la visite, faisons le point sur le vitrail.

Qu’entendons-nous par “vitrail” ?

Il s’agit d’une composition de verre formée de pièces de verre, blanches ou colorées.

Les pièces de verre, d’une épaisseur variant entre 1,5 mm et 5 mm, sont assemblées avec des baguettes de plomb. L’ensemble est maintenu de façon permanente grâce aux soudures réalisées aux intersections des plombs.

Toutefois, ce procédé n’est pas unique. Il existe beaucoup d’autres techniques pour l’assemblage, notamment :

  • le ruban de cuivre (la méthode Tiffany conçue par Louis Comfort Tiffany),
  • la dalle de verre enchâssée dans le béton ou le silicone,
  • les collages (avec des résines ou des polymères),
  • le thermoformage,
  • le fusing et
  • le vitrail à verre libre.

Il est possible de combiner plusieurs de ces techniques.

Hôtel de la Cathédrale, Metz © French Moments

Les vitraux de Metz de l’extérieur (cathédrale Saint-Etienne) © French Moments

Quelle est la différence entre un vitrail, une verrerie et une vitrerie ?

  • Le mot vitrail désigne une technique
  • Une verrière signifie la fermeture d’une baie fixe avec du verre.
  • Une vitrerie concerne les vitraux représentant des motifs géométriques et répétitifs.

Donc si j’ai bien compris, un vitrail se trouve dans une verrière… en revanche, une verrière ne contient pas forcément des vitraux.

Les vitraux : une invention du moyen âge

La technique du vitrail s’est développée au moyen-âge.

Le vitrail a longtemps été réservé à l’art sacré et aux édifices religieux.

En effet, les fenêtres colorées et historiées servaient à l’instruction des fidèles qui ne savaient pas lire. Le vitrail est un peu l’ancêtre de la bande dessinée…

Vitraux de Metz - Cathédrale Saint-Etienne © French Moments

Détail des vitraux de Metz dans la cathédrale © French Moments

On utilisait la lumière et les couleurs pour guider la pensée des croyants. Les moyens matériels les dirigeaient vers ce qui est immatériel (ou spirituel).

En Occident, le développement de l’art du vitrail est lié à celui de l’architecture religieuse chrétienne. D’abord romane, puis surtout gothique.

Vitraux de Metz - Cathédrale de Metz © French Moments

Les plus beaux vitraux de Metz dans la cathédrale © French Moments

Pourquoi le vitrail est passé de mode après le moyen-âge ?

A partir du 17e siècle, le vitrail est passé de mode.

Il existe plusieurs raisons pour expliquer cette observation. En voici deux :

  • Avec l’introduction de l’architecture de la Renaissance, la pénombre des vaisseaux gothiques est assimilée à l’obscurantisme. On privilégie la grisaille ou les verrières blanches pour éclairer l’intérieur. Ainsi disparurent des églises de nombreux vitraux colorés.
  • Dans la même lancée, l’architecture baroque va encore plus loin. Le vitrail médiéval coloré ne permettait pas de mettre en valeur ses œuvres d’art elles-mêmes très colorées.

Le renouveau du vitrail au 19e siècle

Ce n’est qu’aux 19e et 20e siècles que le vitrail retrouve la faveur des artistes. En effet, on place des vitraux dans les églises nouvellement construites.

D’ailleurs, si vous vous intéressez aux vitraux de Metz, vous apercevrez les œuvres d’un certain Maréchal de Metz dans de nombreuses églises. Il s’agit d’un personnage incontournable de la cité mosellane.

A propos de Laurent-Charles Maréchal, dit Maréchal de Metz

Laurent-Charles Maréchal naquit le 27 janvier 1801 à Metz.

Autoportrait de Maréchal de Metz © G.Garitan - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Autoportrait de Maréchal de Metz © G.Garitan – licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Avec son beau-frère Louis Gugnon, Laurent-Charles Maréchal fonda en 1838 à Metz une manufacture de vitrail. L’année suivante, elle reçut une récompense à l’Exposition des produits de l’industrie française à Paris.

Maréchal développa l’usage du vitrail dans les édifices profanes et donna ses lettres de noblesses au vitrail-tableau. Les effets modelés, de clair-obscur et de perspective des vitraux rivalisaient avec la peinture à l’huile.

L’atelier contribua à la renommée de Maréchal grâce à une production considérable, destinée aux églises de Metz (cathédrale, Sainte-Ségolène, Saint-Simon, Saint-Vincent), de Lorraine (Remiremont), mais aussi de France et de l’étranger. On considère Maréchal de Metz comme le chef de file du mouvement artistique de l’Ecole de Metz (entre 1830 et 1870).

Malheureusement, un incendie détruisit en partie l’atelier et ses modèles en 1866. Après l’Annexion de la Moselle à l’Allemagne en 1871, Maréchal opta pour la France et transféra la manufacture à Bar-le-Duc.

C’est là qu’il mourut le 17 janvier 1887.

L’essor de l’Art Nouveau et de l’Art Déco

Et surtout, c’est l’essor de l’Art Nouveau et l’Art Déco qui encouragent la création de vitraux profanes dans les bâtiments civils.

Même si les vitraux profanes sont moins populaires que les vitraux religieux du moyen-âge, ils sont à la base d’un prodigieux développement de l’activité du verre en Lorraine. A Metz, on retrouve les vitraux profanes dans certains édifices civils et privés, notamment dans le quartier impérial allemand.

Vitraux de Metz - Hall des Départs, Gare de Metz © French Moments

Vitraux du début 20e – Hall des Départs de la Gare de Metz © French Moments

En vieille-ville, certains endroits nous réservent certaines surprises, comme cette verrière Belle Epoque dans ce magasin de sport (2 rue des Clercs) :

Verrerie au 2 rue des Clercs à Metz © French Moments

Verrerie au 2 rue des Clercs à Metz © French Moments

Pour conclure sur l’histoire des vitraux de Metz, un constat : avec des taux d’illettrisme aujourd’hui très bas, les vitraux sont devenus inutiles dans l’éducation religieuse. Ils n’en demeurent pas moins des vecteurs de recueillement et de contemplation.


Les vitraux de Metz

Selon l’Institut national des métiers d’art, la France est le pays qui possède la plus grande surface de vitraux dans le monde, soit 90 000 m2 de vitraux. Et les vitraux de Metz participent évidemment à ce record !

Parmi mes souvenirs d’enfance les plus lointains, je me revoie entrer dans la cathédrale de Metz avec ma grand-mère. Je me souviens de cet émerveillement devant les très-hautes fenêtres historiées et colorées.

Alors quand l’agence Inspire Metz m’a parlé du circuit-découverte des vitraux de Metz, ça m’a bien sûr interpelé !

Le vitrail à Metz, tout un art

A l’occasion des célébrations des 800 ans de la cathédrale Saint-Etienne, la ville de Metz a réalisé une brochure Focus : Le vitrail à Metz, tout un art. Ce titre était aussi celui d’une exposition.

J’ai suivi l’itinéraire proposé par la brochure avec la ferveur d’un pèlerin, allant d’église en église, sillonnant les rues du vieux-Metz (et je m’en suis largement inspiré pour la rédaction de cet article).

Vous trouverez ci-dessous un petit résumé photographique de mes pérégrinations à la découverte des plus beaux vitraux de Metz.

Et, à la fin de l’article, un petit bonus… LE vitrail qu’il faut absolument voir à Metz (mais dont l’accès n’est pas facile !)

Avertissement sur les vitraux de Metz !

Certaines mentions de vitraux (Chagall, Villon, Cocteau…) ne comprennent aucune photo. Je les ai bien dans ma photothèque mais je me dois de les garder pour un usage personnel. Pourquoi ?

Tout simplement parce que les œuvres de ces artistes verriers du 20e siècle ne sont pas (encore) dans le domaine public. L’artiste n’est pas mort depuis au moins 70 ans.

Ainsi, leurs œuvres dans les églises de Metz sont protégées par les droits d’auteur. Il est donc interdit de prendre leurs vitraux de Metz en photo – à moins d’en faire une utilisation strictement personnelle.

Cette logique fait débat, surtout lorsqu’on considère que les vitraux sont installés dans des lieux publics. Mais comme je ne tiens pas à avoir d’ennui, je vous laisse le soin de les retrouver sur d’autres sites/blogs !

Ou alors, revenez sur cette page en 2033 (pour Jacques Villon et Jean Cocteau) et 2055 (pour Marc Chagall) !!!

La cathédrale Saint-Etienne de Metz

Commençons notre visite des vitraux de Metz par le monument le plus célèbre de la cité lorraine : la cathédrale Saint-Etienne.

La cathédrale de Metz © French Moments

La face nord de la cathédrale de Metz © French Moments

La cathédrale de Metz, construite entre les 13e et 16e siècles, est de style gothique. Sa particularité est la très grande hauteur de la nef (41 m), qui permet une place importante aux ouvertures.

La lanterne du bon Dieu

Ses 6500 m2 de vitraux font de l’édifice l’une des églises les plus vitrées de la Chrétienté, d’où le nom qu’on lui donne : “la Lanterne du bon Dieu”. Le surnom lui vient de Joseph Bard dans Dernier mélanges de littérature et d’archéologie sacrée, publié en 1847 :

“Ce vaisseau ne paraît pas bâti, il semble soufflé au filigrane ;
ce serait la lanterne de Dieu, si Dieu voulait un instant se promener dans les nuits et l’espace avec les yeux de sa créature ;
on croirait qu’elle va trembler au vent ;
et quand elle vibre, comme les arbres de nos forêts, elle est si légère, si fuselée, qu’on craint presque que les anges ne l’emportent dans le ciel.”

C’est poétique, n’est-ce-pas ?

Les voûtes de la cathédrale de Metz © French Moments

Les voûtes de la cathédrale © French Moments

De célèbres artistes verriers

Les artistes verriers les plus célèbres de leur temps se sont succédés : Hermann de Münster, Thomas de Clinchamp, Valentin Bousch, Théobald de Lixheim, Laurent-Charles Maréchal, Jacques Villon, Roger Bissière et Marc Chagall.

Les vitraux du 13e siècle

Le plus ancien vitrail de la cathédrale remonte au 13e siècle. A l’origine, il se trouvait dans l’église Saint-Paul (aujourd’hui disparue) et on l’installa dans la cathédrale au 18e siècle. Le vitrail représente six scènes de la vie de saint-Paul.

Vitrail du 13e siecle illustrant la vie de saint Paul © Ggreb - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

Vitrail du 13e siecle illustrant la vie de saint Paul © Ggreb – licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

Vieux vitrail médiéval de la cathédrale de Metz. Photo : Vassil [Domaine Public]

Vieux vitrail médiéval de la cathédrale. Photo : Vassil [Domaine Public]

D’autres vitraux du 13e siècle sont visibles dans chaque bas-côté de la cathédrale, ainsi qu’une rose représentant le couronnement de la Vierge Marie.

 

Les vitraux du 14e siècle

La star des vitraux du 14e siècle est sans conteste la Grande Rose d’Hermann de Münster qui orne la façade occidentale. Le vitrail illustre des rois, des patriarches, des prophètes et des apôtres. Au-dessus de la Grande Rose figure une scène de la Crucifixion, Jésus entouré de Marie et de saint Jean.

Vitraux de Metz - Cathédrale de Metz © French Moments

La verrière occidentale de Hermann de Münster © French Moments

Rosace de Hermann de Münster, cathédrale de Metz © French Moments

Détail de la grande rose de Hermann de Münster © French Moments

Les vitraux du 16e siècle

Deux grandes verrières du 16e siècle éclairent chaque bras du transept. Elles mesurent chacune 424 m2.

Sur le transept nord, la verrière lumineuse de style médiéval de 1506 est l’œuvre de Théobald de Lixheim. Dans la partie haute, la verrière illustre le Couronnement de la Vierge. Le registre supérieur représente des saints. Celui au centre, des saintes. Et le registre inférieur (de Thomas de Clinchamp), les apôtres avec les instruments de leur martyre.

Vitraux de Metz - Verrière de Théobald de Lixheim (Transept Nord) © French Moments

Verrière de Théobald de Lixheim (Transept Nord) © French Moments

Sur le transept sud, il s’agit de l’œuvre de Valentin Bousch, de 1521. Les personnages qui y figurent sont ceux des donateurs, des évêques, des chanoines et des saints. Ce vitrail est typique de la Renaissance par ses couleurs et ses éléments inspirés de l’Antiquité.

Vitraux de Metz : Verrière de Valentin Bousch (Transept Sud) © French Moments

Verrière de Valentin Bousch (Transept Sud) © French Moments

Les magnifiques vitraux du chœur et certains du déambulatoires sont également de Valentin Bousch.

Vitraux de Metz - Le chœur de la cathédrale © French Moments

Les vitraux du chœur © French Moments

Le vitrail central de la partie haute du chœur illustre la lapidation de saint Etienne, à qui la cathédrale est consacrée. On y découvre d’autres scènes bibliques relative à la Création : le Créateur, la création d’Eve, le péché originel, le jugement de Dieu et l’expulsion du jardin d’Eden.

Les vitraux du 19e siècle

Comme on l’a dit, au cours de la seconde moitié du 19e siècle, l’art du vitrail connut un grand renouveau dans les églises. Et la cathédrale de Metz ne fit pas exception à la règle.

L’atelier Mayer de Munich réalisa des baies modernes aux tons vifs et colorés pour la chapelle Notre-Dame-la-Ronde. Ils montrent la Vierge Marie en prière, dans la gloire et au pied de la croix.

Les ateliers Schmitz-Reuters d’Aix-la-Chapelle réalisèrent les vitraux sud du déambulatoire pour remplacer ceux qui avaient été détruits lors de l’incendie de la toiture en 1877. Avec une dominance de couleurs primaires, ils montrent les Pères fondateurs de l’Eglise sur fonds de motifs floraux et végétaux à la mode du 16e siècle.

Le verrier messin Laurent-Charles Maréchal réalisa les baies du triforium dans le chœur et deux baies latérales de la chapelle axiale du déambulatoire. De style néo-Renaissance, les vitraux complètent harmonieusement ceux de Valentin Bousch.

Cathédrale de Metz - Vitraux du 19e siècle © French Moments

Vitraux du 19e siècle © French Moments

Vitraux du 19e siècle, chapelle Notre-Dame la Ronde © French Moments

Vitraux du 19e siècle, chapelle Notre-Dame la Ronde © French Moments

Les vitraux du 20e siècle (1947-1957)

Paradoxalement, le 20e siècle apparaît comme étant la période la plus prolifique en termes de production de vitraux pour la cathédrale de Metz.

En 1947, l’architecte en chef des monuments historiques, Robert Renard, lance un appel d’offres ambitieux en vue du remplacement de vitraux abîmés et de la création de nouveaux vitraux.

Pierre Gaudin réalise en 1954 les premiers aménagements dans les fenêtres hautes de la nef.

Puis, en 1957, Jacques Villon exécute les vitraux de la chapelle du Saint-Sacrement pour remplacer ceux de Laurent-Charles Maréchal, endommagés pendant la Première Guerre mondiale. Avec des couleurs riches et chatoyantes, l’artiste représente plusieurs scènes bibliques, de gauche à droite :

  • l’Agneau pascal,
  • la Cène,
  • la Crucifixion,
  • le miracle des Noces de Cana (l’eau changé en vin)
  • et la scène du rocher d’Horeb.
Les vitraux du 20e siècle (1960-1961)

En 1960, c’est au tour de Roger Bissière d’installer deux vitraux face à face dans les tympans des portails de la Tour de la Mutte et de la Tour du Chapitre. Ils sont composés de 422 pièces au m2. C’était la première fois qu’on installait des vitraux non figuratifs dans un édifice religieux. L’artiste joue sur la confrontation visuelle :

  • au nord, les couleurs sont froides
  • au sud, les couleurs sont chaudes

Enfin, en 1961, le peintre d’origine russe Marc Chagall crée trois verrières.

  • La première se trouve dans le transept Nord. Le vitrail illustre des scènes de la Genèse (création d’Adam et Eve) dans des couleurs lumineuses aux tons jaunes.
  • Les deux autres baies se situent au Nord du déambulatoire. Dans un camaïeu de bleu, les vitraux montrent des scènes de l’Ancien Testament.
Les vitraux de la cathédrale de Metz © French Moments

Les vitraux du transept nord de la cathédrale © French Moments

(si si, j’ai un peu triché au sujet des droits d’auteur sur les vitraux contemporains dont l’artiste n’est pas mort depuis 70 ans ! Il suffit de prendre une vue d’ensemble de la cathédrale, qui inclut le fameux vitrail défendu, et voilà !)… Le vitrail de Marc Chagall aux tons jaunes est en bas à droite de la photo.

Et Jean Cocteau ?

Curieusement, aucun vitrail de Jean Cocteau (1889-1963) n’est présent dans la cathédrale. En effet, l’artiste avait réalisé une maquette de vitraux pour la chapelle du Saint-Sacrement. Mais ses créations furent jugées inappropriées pour le sanctuaire. Ce sera Jacques Villon qui sera choisi pour la tâche. Finalement, les vitraux de Cocteau trouveront grâces dans l’église Saint-Maximin (voir plus bas dans l’article).

Les vitraux du 21e siècle

L’aventure des vitraux de Metz se poursuit au 21e siècle à l’occasion des 800 ans de la cathédrale ! La DRAC Grand Est a lancé en 2019 une commande publique artistique internationale pour les vitraux du triforium.

Le jury a sélectionné Kimsooja, artiste coréenne installée aux Etats-Unis pour son projet “To breathe” (respirer).

Le nouveau vitrail met en valeur la cathédrale à travers un spectre de couleurs changeantes en fonction de la lumière du jour. Pour ce faire, l’artiste coréenne utilise une combinaison innovante de verres colorés traditionnels superposés avec des verres industriels dits “dichroïques”. (ceux-ci reflètent certaines couleurs tout en laissant passer les autres).

L’atelier français Parot s’est vu confier la fabrication des vitraux.

Inauguration prévue le 18 septembre 2021.

L’église Sainte-Ségolène

Sainte Ségolène Metz © French Moments

L’église Sainte-Ségolène © French Moments

L’intérieur de l’église Sainte-Ségolène est éclairé par une suite de vitraux éclectiques, tant d’un point de vue stylistique que technique.

Vitraux de Lorraine dans l'église Sainte-Ségolène © French Moments

Vitraux de l’église Sainte-Ségolène © French Moments

Cette collection nous permet de suivre un parcours historique et esthétique de l’art verrier à travers les différentes époques.

Vitraux du chœur de l'église Sainte-Ségolène © French Moments

Vitraux du chœur de l’église Sainte-Ségolène © French Moments

Et surtout de découvrir le plus ancien vitrail de Lorraine (1160-1180).

Le plus vieux vitrail de Lorraine

Vous le trouverez dans la chapelle de la Vierge. Daté de 1160-80, il a été réalisé dans des couleurs vives. Il illustre le thème de la Crucifixion. Jésus est entouré de la Vierge Marie et de saint Jean, lesquels sont surmontés du soleil et de la lune encadrant la croix.

Le plus vieux vitrail de Lorraine, église Sainte-Ségolène © French Moments

Le plus vieux vitrail de Lorraine © French Moments

Quant aux vitraux de la baie qui inclut la Crucifixion, sachez qu’ils sont indépendants les uns des autres. Ils ne suivent aucun fil narratif particulier !

Les vitraux du 20e siècle

Prenez le temps d’admirer les vitraux d’Arthur Schouler (1969) dans le transept Nord de l’église. Ils montrent des scènes de l’enfance et de la vie de Jésus. Ils sont très colorés. On remarque que le travail de l’artiste est très proche de celui des expressionnistes. Ainsi, il tend à déformer les corps pour porter une réaction émotionnelle.

L’église Saint-Martin-aux-Champs

Eglise Saint-Martin des Champs, Metz © French moments

Clocher de l’église Saint-Martin © French moments

L’intérieur de l’église Saint-Martin-aux-Champs (13e, 14e siècles) est éclairée par une collection de vitraux qui présente l’évolution technique et stylistique entre le moyen-âge et la Renaissance. Ainsi, ces vitraux racontent à leur manière la transmission des savoir-faire et des évolutions de l’art verrier à travers les siècles.

Vitraux de l'église Saint-Martin © French Moments

Vitraux de l’église Saint-Martin © French Moments

Les verrières du transept remontent pour la plupart aux 14e, 15e et 16e siècles et illustrent la Passion du Christ. Le plus ancien vitrail date de 1450.

Les vitraux du chœur (1878-1881) sont consacrés à la vie de saint Martin, à qui l’église est dédiée. Ils sont dus à Laurent-Charles Maréchal et de Charles-François Champigneulle.

Les vitraux du chœur de l'église Saint-Martin © French Moments

Les vitraux du chœur de l’église Saint-Martin © French Moments

L’église Notre-Dame

L’église Notre-Dame, construite par les Jésuites en 1665, est de style classique.

Façade de l'église Notre-Dame © French Moments

Façade de l’église Notre-Dame © French Moments

Elle se distingue par la sobriété de son ornementation et un retour aux formes antiques. Si elle présente des vitraux colorés, ceux-ci datent de la seconde moitié du 19e siècle.

Une suite de 21 vitraux éclaire l’intérieur de l’église. On les doit à l’atelier Maréchal-Gugnon (1841-1860).

Ces vitraux permettent d’observer les techniques des artisans verriers du 19e siècle, période de Renaissance pour l’art du vitrail.

  • Les verrières du chœur illustrent le thème de la principauté et des institutions.
  • Les vitraux de la nef se concentrent sur l’autorité de l’Eglise et illustrent les Pères fondateurs.
  • Ceux du transept dépeignent l’histoire de la Vierge Marie.
Le vitrail de la Cène

Le vitrail qui représente le dernier repas de Jésus avec ses apôtres a été remanié pour correspondre au thème de la série. Avant l’image de la Cène existait la Dormition de la Vierge. On remplaça un seul panneau pour ajouter le Christ… et le tour était joué !

Eglise Notre-Dame - Vitrail de la Cène © French Moments

Vitrail de la Cène © French Moments

Toutefois, la composition du vitrail porte encore les traces de ce remplacement. On ne compte que 8 apôtres au lieu de 12, et ils regardent tous vers l’extrémité gauche de la table… là où se trouvait auparavant le visage de la Vierge.

Le vitrail de l’Annonciation

A l’origine, un beau vitrail de l’Annonciation (lorsque l’archange Gabriel annonce la maternité divine de Marie) était placé dans l’église. Endommagé au début du 20e siècle, il fut remplacé par un autre vitrail. On conserva les morceaux de verre dans une boîte… et ils furent oubliés pendant plusieurs dizaines d’années.

Eglise Notre-Dame - Vitrail de l'Annonciation © French Moments

Vitrail de l’Annonciation © French Moments

En 2009, on les retrouva par hasard dans les combles de l’église. Les experts l’attribuèrent à Laurent-Charles Maréchal, le grand verrier messin.

Les pièces de verre n’étaient pas suffisantes pour reconstituer le vitrail. Alors, on recréa les pièces manquantes avec des méthodes de création permettant de conserver l’authenticité de l’œuvre.

L’église Saint-Eucaire

Vitraux de Metz - Saint-Eucaire © French Moments

Vue sur l’église Saint-Eucaire du jardin des Tanneurs © French Moments

La nef, le transept et le chœur de l’église Saint-Eucaire (12e-14e siècles) sont éclairés par de nombreux vitraux.

Vitraux de Maréchal à Saint-Eucaire © French Moments

Vitraux de Maréchal à Saint-Eucaire © French Moments

La plupart sont l’œuvre de Laurent-Charles Maréchal (seconde moitié du 19e siècle) et illustrent des saints et des saintes.

On remarquera notamment les vitraux suivants :

  • La naissance de la Vierge, aux couleurs lumineuses.
  • La scène de la Passion du Christ, avec une forte utilisation du bleu et du rouge.
Vitraux de Maréchal à Saint-Eucaire © French Moments

La Passion, de Maréchal de Metz, église Saint-Eucaire © French Moments

  • Les vitraux non-figuratifs dont certains présentent des motifs géométriques aux couleurs primaires, d’autres des motifs végétaux épurés.
Vitraux de Maréchal à Saint-Eucaire © French Moments

Un vitrail ornemental à l’église Saint-Eucaire © French Moments

L’église Saint-Maximin

L’église Saint-Maximin, située dans le quartier de l’Outre-Seille, date du moyen-âge (12e-15e siècles).

Vitraux de Metz - Saint-Maximin © French Moments

L’entrée Renaissance de l’église Saint-Maximin © French Moments

Ces dernières années, elle est devenue un site incontournables pour celles et ceux qui sont à la recherche des plus beaux vitraux de Metz. Non pas qu’ils datent du moyen-âge. Bien au contraire, ces vitraux du 20e siècle sont l’œuvre d’un certain Jean Cocteau.

En 1962, on installa les vitraux de Cocteau sur les baies qui abritaient à l’origine ceux de Valentin Bousch (16e siècle), détruits à la Révolution.

L’église Saint-Maximin totalise 14 vitraux de Cocteau, achevés à titre posthume (l’artiste mourut le 11 octobre 1963). Ce sont les seules verrières de Cocteau installées dans une église avec celles de la chapelle Notre-Dame de Jérusalem de Fréjus.

Les vitraux abordent le sacré dans son sens le plus large. Ainsi, ils n’illustrent pas de scènes ou de personnages bibliques mais des épisodes mythologiques et des croyances universelles. L’idée est que les vitraux donnent lieu à de nombreuses interprétations… d’où la raison pour laquelle ils n’ont pas trouvé leur place dans la cathédrale de Metz !

Deux vitraux à voir absolument :

La métamorphose de Hyacinthe et Le Minotaure et la Bête

Ce vitrail est chargé de symboles :

  • La lancette de gauche représente le personnage mythologique de Hyacinthe, frappé par un disque lors d’un entrainement avec Apollon.
  • La lancette centrale est en deux parties. La partie inférieure représente le Minotaure (en version paisible !). La partie supérieure illustre la Bête du conte La Belle et la Bête.
  • Dans la lancette de droite, on peut apercevoir des roses.
L’autoportrait de Jean Cocteau

Jean Cocteau est immortalisé dans ce vitrail, dans son habit d’académicien. Sa tête est en feu… comme le dit l’artiste : “Il faut se brûler vif pour renaître”. Quel est le sens de ces flammes ? Le feu de la création artistique, de l’inspiration ? Ou le feu de l’épreuve à surmonter pour atteindre le sacré ?

La basilique Saint-Vincent

Désaffectée depuis mai 2012, la vieille église gothique est baignée de lumière grâce aux baies de la nef et aux grandes verrières du transept.

Croisière en bateau solaire sur la Moselle à Metz © French Moments

L’ancienne basilique Saint-Vincent © French Moments

Les vitraux ne sont pas médiévaux et datent des 19e et 20e siècles.

Vitraux de Metz - église Saint-Vincent à Metz © French Moments

Vitraux de Metz – Eglise Saint-Vincent © French Moments

Les vitraux du transept

Deux vitraux illustrant la vie de la Vierge se font face de chaque côté du transept.

  • Au transept sud – réalisation de Auguste Alleaume et l’atelier Champigneulle. Ce vitrail est de style néo-Renaissance et tire son inspiration de l’œuvre de Fra Angelico du 15e siècle.
Le vitrail du transept sud © French Moments

Le vitrail du transept sud © French Moments

Détail du vitrail du transept sud © French Moments

Détail du vitrail du transept sud © French Moments

Détail du vitrail du transept sud © French Moments

Détail du vitrail du transept sud © French Moments

  • Au transept nord – réalisation de Jean-Henri Couturat (20e s.). Ce vitrail est de style néo-cubiste et présente l’Annonciation, la Nativité, la Descente de la croix, l’Assomption et le Couronnement.
Le vitrail du transept nord © French Moments

Le vitrail du transept nord © French Moments

Détail du vitrail du transept nord © French Moments

Détail du vitrail du transept nord © French Moments

La chapelle Sainte-Lucie

Pour palier aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, on fit appel à Jean-Henri Couturat pour la réalisation de vitraux présentant la vie de sainte Lucie (1952).

Basilique Saint-Vincent - Vitraux de la chapelle Sainte-Lucie © French Moments

Vitraux de la chapelle Sainte-Lucie © French Moments

Comme dans le transept nord, les vitraux sont de style néo-cubiste géométrique aux couleurs vives.

Les vitraux du chœur

Le chœur rend un bel effet avec les couleurs vives des vitraux.

Le chœur de la basilique Saint-Vincent © French Moments

Le chœur de la basilique Saint-Vincent © French Moments

L’église Saint-Clément

L’église Saint-Clément, édifiée entre 1683 et 1737, affiche un caractère éclectique (mélange d’éléments architecturaux gothique et classique).

Le second niveau de la façade occidentale s’ouvre sur une remarquable rosace figurant saint Clément, le premier évêque de Metz, en médaillon central.

Rosace de l'église Saint-Clément © French Moments

Rosace de l’église Saint-Clément © French Moments

Les grandes verrières de la nef et du chœur permettent d’éclairer le sanctuaire d’une remarquable luminosité.

Le chœur de l'église Saint-Clément © French Moments

Le chœur de l’église Saint-Clément © French Moments

Les verrières présentent l’histoire de l’évolution du vitrail au travers des créations de Laurent-Charles Maréchal (19e siècle) et de Michel Bonnand (1960).

Vitrail de l'église Saint-Clément © French Moments

Vitrail de l’église Saint-Clément © French Moments

Enfin, les vitraux de l’église Saint-Clément illustrent des thèmes variés : des épisodes de l’Ancien Testament à des compositions de formes géométriques.

L’église Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus

Avec sa singulière silhouette en béton et sa flèche haute de 70 mètres, l’église Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus fait désormais partie du paysage messin !

Eglise Sainte-Thérèse, Metz © French Moments

Eglise Sainte-Thérèse, Metz © French Moments

Construite en 1953, elle abrite 1062 m2 de vitraux, enchâssés dans du béton. Ils sont l’œuvre du peintre mosellan Nicolas Untersteller qui privilégia une expression figurative plutôt qu’abstraite.

L’intérêt de l’église est de rendre visible les vitraux à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Les couleurs sont particulièrement denses : les bleus sont profonds tandis que les rouges sont incandescents.

  • La grande verrière du porche illustre le couronnement de la Vierge.
Eglise Sainte-Thérèse, Metz © French Moments

La grande verrière du porche © French Moments

  • Dans la nef, les vitraux des parois latérales ont la forme de triangles et de losanges. Ils symbolisent le travail et la vie des saints vénérés par sainte Thérèse.
Eglise Sainte-Thérèse, Metz © French Moments

Les vitraux de la nef © French Moments

  • Les vitraux verticaux de la paroi incurvée du chœur représentent la glorification de sainte Thérèse.
Eglise Sainte-Thérèse, Metz © French Moments

Le chœur de l’église © French Moments

  • A voir absolument : l’envol de grands anges bleus sur un fond géométrique abstrait. Il s’agit certainement des vitraux les plus remarquables de l’église.

Le musée de la Cour d’Or

Le musée de la Cour d’Or présente également dans ses collections un certain nombre de vitraux et de fragments de vitraux.

Ce vitrail des Ateliers Maréchal & Gugnon (1845) représente saint Louis, saint Michel et saint Pierre protégeant Paris.

Vitrail de Maréchal au musée de la Cour d'Or © French Moments

Vitrail de Maréchal au musée de la Cour d’Or © French Moments

Détail du vitrail de Maréchal à la Cour d'Or © French Moments

Détail du vitrail de Maréchal à la Cour d’Or © French Moments

Ils dressent un large aperçu de l’art verrier dans le pays messin, du moyen-âge aux époques moderne et contemporaine.

BONUS : le vitrail de Charlemagne

Le somptueux vitrail de Charlemagne est un des plus beaux vitraux de Metz.

Gare de Metz - Vitrail de Charlemagne © French Moments

Le vitrail de Charlemagne © French Moments

Datant du début du 20e siècle, il se trouve dans le “Salon Charlemagne”, la salle d’apparat des appartements impériaux de la gare de Metz.

Détail du vitrail de Charlemagne, gare de Metz © French Moments

Détail du vitrail de Charlemagne © French Moments

Le vitrail, d’inspiration médiévale, représente Charlemagne assis en majesté sur son trône à Aix-la-Chapelle.

Détail du vitrail de Charlemagne, gare de Metz © French Moments

Détail du vitrail de Charlemagne © French Moments

Les appartements impériaux sont ouverts à la visite lors des journées du patrimoine. Vous y découvrirez d’autres vitraux, certes beaucoup moins impressionnants… mais qui reflètent l’atmosphère néo-médiévale qu’on a voulu y recréer.

Vitraux du grand escalier (appartements impériaux, gare de Metz) © French Moments

Vitraux du grand escalier (appartements impériaux, gare de Metz) © French Moments


Où séjourner à Metz ?

Les hôtels affichent souvent complets pendant les vacances et les week-ends. Mieux vaut réserver sa chambre le plus tôt possible ! Vous pouvez également préférer un gîte, une chambre d’hôte ou un camping.

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Pour en savoir plus sur les vitraux de Metz

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Une épingle pour Pinterest

Vitraux de Metz - Pinterest © French Moments

Quelles sont vos lieux préférés en France ou en Europe pour admirer des vitraux ? Dites-moi tout ci-dessous 🙂


 

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About Author

Pierre a grandi en Alsace, en Lorraine et en Allemagne avant de s’établir en Australie. Passionné de la France et de sa culture, il a fondé French Moments, une organisation initialement basée à Sydney qui promeut notre beau pays au public anglophone. En 2014, il est revenu s’installer en Europe avec son épouse Rachel et sa petite fille Aimée. Professeur d’économie et de management en BTS, Pierre est également formateur de français en langue étrangère et guide touristique. Après avoir résidé quelques années en Ile de France et en Savoie, il promeut aujourd'hui la France depuis l'East Sussex en Angleterre.

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