Le gui de l’an neuf : d’où vient la tradition ?

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S’embrasser sous une boule de gui est une tradition ancestrale aujourd’hui associée au Nouvel An. Coup de projecteur sur la plante sacrée des druides, le gui de l’an neuf.


La tradition ancestrale du gui de l’an neuf

Gui (illustration 1828)

Gui (illustration 1828)

Si le houx est relatif à Noël, le gui est une plante porte-bonheur du Nouvel An. On le trouve accroché en couronne sur la porte ou, plus traditionnellement, en lustre sous lequel on s’embrasse pendant le Jour de l’An.

La superstition du gui est ancestrale. Elle remonte au temps des Celtes. Le gui était une plante chère aux druides. D’ailleurs, souvenez-vous, dans les aventures d’Astérix, le druide Panoramix en coupe sur les chênes avec sa serpe d’or. Le gui fait partie de ses ingrédients pour préparer la fameuse potion magique !

Plus sérieusement, en 52 av. J.-C. Jules César constate lui-même dans Commentaires sur la guerre des Gaules :

Le gui est fort difficile à trouver. Quand on l’a découvert, les druides vont le chercher avec respect et toujours le sixième jour de la lune, jour si révéré par eux qu’il est le commencement de leurs mois, de leurs années, de leurs siècles mêmes, qui ne sont que de trente ans… Lorsque les druides ont préparé sous l’arbre tout l’appareil du sacrifice et du festin qu’ils doivent y faire, ils font approcher deux taureaux blancs qu’on attache alors par les cornes ; ensuite un prêtre en robe blanche monte sur l’arbre et coupe avec une serpette d’or le gui… Les druides croient que l’eau où l’on a fait tremper le gui rend féconds tous les animaux qui en boivent et qu’elle est un remède spécifique contre toute espèce de poisons. La cérémonie de cueillir le gui est la plus solennelle de toutes celles que pratiquaient les druides.

Les branches de gui étaient accrochées aux portes pour servir de protection. D’ailleurs, certains érudits croient savoir que son nom signifie « celui qui guérit tout ». On lui donnait des vertus miraculeuses :

  • guérir certaines maladies
  • protéger contre les poisons
  • garantir la fertilité
  • se prémunir des mauvais sorts
Le gui de l'an neuf © French Moments

Le gui de l’an neuf © French Moments

Les druides voyaient en lui un symbole d’immortalité. Le 6e jour de l’année celtique, les druides le coupaient en s’exclamant “O Ghel an Heu“, expression celtique qui signifie “Que le blé germe !“. Une sorte d’invocation au printemps à venir après le solstice d’hiver. Au fil du temps, l’expression s’est déformée pour vouloir dire autre chose : « Au gui l’an neuf ».


La tradition du gui de l’an neuf

Tradition du baiser sous le gui par Karl Witkowski

La Tradition du baiser sous le gui par Karl Witkowski

La superstition tenace du gui n’était pas du goût des chrétiens qui, au 4e siècle, tentèrent de l’éradiquer. La vénération du gui fut décrétée païenne. Lorsque la fête de Noël remplaça la fête païenne du « Sol Invistis » (fête de Mithra, le dieu du soleil), le houx pris la place du gui.

Mais la plante parasite n’eut pas le dernier mot. Il perdura dans les traditions et coutumes populaires. Si deux ennemis se croisaient sous des branches de gui, ils devaient déposer leurs armes et arrêter les hostilités. Cette trêve est peut-être à l’origine de la tradition de s’embrasser sous le gui en signe d’amitié et de bienveillance. La coutume veut que le baiser d’un couple d’amoureux sous le gui s’apparente à une promesse de mariage.

Pour tous, s’embrasser sous une boule de gui le 1er janvier est un symbole de prospérité et de longue vie pour la nouvelle année. Ainsi, le houx resta associé à Noël et le gui à Nouvel An !


Qu’est-ce que le gui ?

Planche botanique illustrant le gui, datée de 1897. Par F.E.Köhler dans Köhler's Medizinal-Pflanzen

Planche botanique illustrant le gui, datée de 1897. Par F.E.Köhler dans Köhler’s Medizinal-Pflanzen

C’est un arbrisseau semi-parasite des feuillus et conifères répondant au nom latin de Viscum album. Vous avez remarqué que les feuilles du gui sont vertes même en plein hiver ? C’est parce que ses feuilles vivent environ une année et demie. Le gui fleurit à partir de février et son fruit (les fameuses baies blanches) apparaissent à l’automne. Attention, le fruit du gui est toxique pour l’homme. Avec sa substance gluante, on en faisait autrefois de la colle.

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D'où vient la tradition du gui de l'an neuf ? © French Moments


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About Author

Pierre a grandi en Alsace, Lorraine et Allemagne avant de s’établir en Australie. Passionné de la France et de sa culture, il a fondé French Moments, une organisation initialement basée à Sydney qui promeut notre beau pays au public anglophone. En 2014, il est revenu s’installer en Île de France avec son épouse Rachel et sa petite fille Aimée. Professeur d’économie et de management en BTS, Pierre est également formateur de français en langue étrangère et guide touristique à Paris.

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