Comment le sapin de Noël a été introduit en Angleterre ?

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Comment le sapin de Noël a été introduit en Angleterre ? Depuis la première mention écrite d’un sapin de Noël décoré à Sélestat en Alsace, il lui a fallu près de quatre siècles pour s’introduire durablement dans les foyers outre-Manche de Sa Majesté.


Le sapin de Noël a été introduit en Angleterre à l’aube du 19e siècle

Il semblerait que le sapin de Noël a été introduit en Angleterre en 1800. Ceci à l’initiative de l’épouse d’origine allemande du roi George III. Charlotte de Mecklembourg-Strelitz le dressa lors d’une fête donnée pour les enfants royaux. Mais la tradition ne fut pas suivie en-dehors de la famille royale les années suivantes. Une de ses petites-filles avait pris l’habitude d’admirer dans sa chambre un arbre décoré à Noël. A 13 ans, elle écrivit dans son journal intime :

« après le diner… nous nous rendions dans le salon, près de la salle à manger… Il y avait deux grandes tables rondes sur lesquelles on avait dressé deux arbres avec des bougies et des décorations en sucre. Tous les cadeaux étaient placés autour des arbres… ».

Cette petite-fille est devenue… la reine Victoria !

La tradition prend racine grâce au prince Albert

Le sapin de Noël a été introduit en Angleterre

Danse autour de l’arbre de Noël. Toile du peintre danois Johansen Viggo

Mais c’est grâce au prince Albert que le sapin de Noël a été introduit en Angleterre de façon durable. En 1841, l’époux d’origine allemande de la reine Victoria, l’introduisit à nouveau au palais royal de Buckingham.

Le sapin de Noël a été introduit en Angleterre

La une du quotidien The Illustrated London News en 1848

La tradition du sapin gagna ses lettres de noblesse en 1848 grâce au quotidien The Illustrated London News. L’image à la une représentait la famille royale autour d’un sapin de Noël au château de Windsor. En 1860, la « coutume venue d’Allemagne » avait gagné tous les foyers fortunés de l’aristocratie et de la bourgeoisie. En 1858, The Times rapportait que la tradition n’avait pas encore parvenue à atteindre les classes ouvrières à cause du coût d’achat d’un sapin bien au-delà de leurs moyens. Et le quotidien d’ajouter qu’à Berlin, chaque famille en avait un.

La démocratisation du sapin de Noël en Angleterre commença surtout par sa présence dans les lieux de loisirs, les hôpitaux et autres bâtiments publics. En 1906, une association de charité fut fondée pour permettre à tous les enfants pauvres de Londres de passer Noël près d’un sapin.

La Première guerre mondiale freina la progression de la tradition du sapin, car celui-ci était toujours associé à la culture allemande. Or l’Allemagne était en guerre contre l’Angleterre. Il fallut attendre le milieu des années 1920 pour oublier ce sentiment d’animosité. Et notre sapin continua de se démocratiser Outre-Manche.

D’ailleurs, en 1933, au plus fort de la récession économique, les sapins venus d’Europe continentale subirent les lois protectionnistes anglaises. No entry! On se mit à faire pousser des sapins pour Noël en pleine campagne anglaise. L’industrie des cultures de sapins connut une forte croissance car la demande anglaise en sapins était soutenue. Le marché était devenu mûr. Le sapin de Noël était pleinement rentré dans les mœurs et l’avènement de la Seconde guerre mondiale ne lui fut absolument pas préjudiciable.

Aujourd’hui, on estime à plus de 8 millions le nombre de sapins qui poussent en Angleterre pour Noël. Alors, pour terminer, je vous dis : Bravo ! Car si vous avez lu cette histoire jusqu’au bout, vous pouvez vous targuer d’en savoir plus que les Anglais sur leur propre histoire du sapin de Noël !


Comment Charles Dickens a décrit la tradition

Le sapin de Noël a été introduit en Angleterre

Le sapin de Noël par by Albert Chevallier Tayler (1911)

Le célèbre romancier anglais Charles Dickens décrivit la tradition de l’arbre de Noël de la façon suivante :

« Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants. Il y a des poupées aux joues roses qui se cachent derrière les feuilles vertes. Il y a des montres, de vraies montres, ou du moins avec des aiguilles mobiles, de ces montres qu’on peut remonter continuellement. Il y a de petites tables vernies, de petites armoires et autres meubles en miniature qui semblent préparés pour le nouveau ménage d’une fée. Il y a de petits hommes à face réjouie, beaucoup plus agréables à voir que bien des hommes réels – car si vous leur ôtiez la tête, vous les trouveriez pleins de dragées. – Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes à ouvrage, des boîtes de bonbons… toutes sortes de boîtes. Il y a des toutous, des sabots, des toupies, des étuis à aiguilles, des essuie-plumes et des imitations de pommes, de poires et de noix, contenant des surprises. Bref, comme le disait tout bas devant moi un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami : Il y avait de tout et plus encore ! »


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    About Author

    Pierre a grandi en Alsace, Lorraine et Allemagne avant de s’établir en Australie. Passionné de la France et de sa culture, il a fondé French Moments, une organisation initialement basée à Sydney qui promeut notre beau pays au public anglophone. En 2014, il est revenu s’installer en Île de France avec son épouse Rachel et sa petite fille Aimée. Professeur d’économie et de management en BTS, Pierre est également formateur de français en langue étrangère et guide touristique à Paris.

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