Le loup est de retour dans les Vosges !

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Quel est le point commun entre Romulus et Rémus, les trois petits cochons, le petit chaperon rouge, la chèvre de M. Seguin, un petit chasseur nommé Pierre et la comptine « Promenons-nous dans les bois » ? Réponse : une bête angoissante qui a terrorisé de nombreux enfants et dévoré des milliers d’agneaux et de moutons : je veux bien sûr parler du Grand Méchant Loup ! Eh oui, le loup est de retour dans les Vosges !


Le loup dans la culture européenne

Dans la culture européenne, le loup incarne les peurs populaires médiévales et c’est ainsi qu’il apparaît dans de nombreux contes et de fables.

Depuis le 19e siècle, le territoire français s’en est finalement débarrassé à coups de battues et de traques. Les enfants pouvaient enfin vivre dans la sécurité, et pouvaient traverser les bois sans en être effrayés (mais bon, ce n’était pas prudent de les laisser seuls !). On comptait seulement 500 loups en 1900 et les derniers ont définitivement disparu dans les années 1930. C’était la fin d’une époque. Toutefois, le loup revenait au souvenir des enfants lors des veillées d’hiver où les anciens de la famille leur racontaient de terrifiantes histoires (qui pourtant se terminaient bien !). Le grand canidé avait radicalement disparu du paysage animalier français et le seul endroit où l’on pouvait encore l’apercevoir, c’était au zoo de la ville !


Le loup est de retour en France !

Mais qui aurait pu penser qu’à l’aube du 21e siècle, le loup reviendrait en France ? Et par la grande porte s’il vous plaît, l’espèce s’étant réinsérée de manière naturelle (et non volontaire) permettant de fait sa protection par les pouvoirs publics ! En novembre 1992, les loups sont revenus dans le Parc national du Mercantour, dans l’arrière-pays niçois, et l’on en compte actuellement une trentaine dans les Alpes françaises. Après une réinsertion naturelle dans les Pyrénées, le Massif Central et le Jura, c’est aujourd’hui au tour des Vosges d’accueillir des loups ! Après quelques hésitations, les autorités du petit massif montagneux, dont le plus haut sommet s’élève à 1424 mètres au Grand Ballon, sont aujourd’hui convaincus qu’il s’agit du Grand Méchant Loup revenu hanter les veillées vosgiennes ! Plus de doute n’est possible depuis le 8 juillet 2011, date à laquelle un cliché pris par un piège photographique près du Col du Bonhomme, à la limite entre l’Alsace et la Lorraine, a permis d’authentifier un animal au museau allongé, au pelage gris et à la queue tombante. C’est donc bien un loup qui sévissait dans la région depuis le mois d’avril, dévorant au passage 45 agneaux et blessant un poulain dans la région de Gérardmer.

Le loup est de retour dans les Vosges © ONCFS et DR

Cliché du 8 juillet 2011 prouvant que le loup est de retour dans les Vosges © ONCFS et DR

Pour l’instant, il n’est pas d’actualité de recommencer la chasse au loup, au grand dam des éleveurs et des petits enfants. D’autant que les pouvoirs publics ont promis de verser aux éleveurs une indemnité financière pour chaque bête tuée par le prédateur (les enfants effrayés, eux, n’auront droit à rien!). Mieux, la préfecture des Vosges a recruté un aide-berger qui tentera d’éviter les attaques de la bête dans les Hautes-Vosges. Et hop là, un emploi créé grâce au Grand Méchant Loup !

Panique dans les Vosges. Si Hercule Poirot avait enquêté ce cadavre de brebis découvert à Ventron et datant du 11 avril 2011, il aurait confirmé la présence du loup : les brebis sont trop amochées, trop dévorées pour être le fait d’un toutou délinquant. Selon un porte-parole du Cnera-PAD (Centre national d’études et de recherches appliquées sur les prédateurs et animaux déprédateurs), cette violence inouïe est typiquement celle du Grand Méchant Loup, avec les morsures au cou, très profondes, les os brisés, la peau en chaussette, avec de gros hématomes et gros taux de consommation, jusqu’à 10 kg par animal. Photo © Philippe Gentilhomme

Mais une question demeure : comment ce loup est-il récemment parvenu à coloniser les Vosges, en sachant que le massif est séparé des Alpes, de la Forêt-Noire et du Jura par de vastes plaines et plateaux peuplés ? Les aurait-il traversés de nuit pour ne pas éveiller les soupçons des hommes ? On sait que le loup peut parcourir 40 km par nuit ; au bout de deux nuits, il a facilement pu rejoindre les Vosges depuis le Jura à travers les campagnes du Sundgau. Il est aussi peu probable qu’il soit venu seul, il devait être accompagné de sa dulcinée afin d’avoir beaucoup de petits louveteaux : quelle heureuse fin, digne d’un conte de fées.

Mais avant de nous quitter, je ne voudrais pas vous inquiéter : il est très peu probable que vous vous trouviez nez à nez avec un loup lors d’une promenade dans les Vosges. A moins que vous ne soyez fan de sorties nocturnes, vous pouvez être rassurés ! 🙂

Nan mais, le loup est de retour certes, mais de là à jouer au petit chaperon rouge…


Promenons-nous dans les bois…

Et pour clore ce charmant sujet, voici les paroles d’une charmante comptine que les petits Français chantonnent dans les cours d’école :

Les enfants :

  • Promenons-nous dans les bois
  • Pendant que le loup n’y est pas.
  • Si le loup y était
  • Il nous mangerait
  • Mais comme il n’y est pas,
  • Il nous mangera pas.
  • Loup y es-tu ?
  • Entends-tu ?
  • Que fais-tu ?

Le Loup :

  • Je mets ma culotte.

Les enfants reprennent :

  • Promenons-nous dans les bois…

Le Loup : 

  • Je mets mes chaussettes

Les enfants reprennent :

  • Promenons-nous dans les bois…

Le Loup :

  • Je prends mon fusil et j’arrive….
(cris et hurlements à l’approche du loup !)

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Article initialement publié sur www.frenchmomentsblog.com

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About Author

Pierre a grandi en Alsace, Lorraine et Allemagne avant de s’établir en Australie. Passionné de la France et de sa culture, il a fondé French Moments, une organisation initialement basée à Sydney qui promeut notre beau pays au public anglophone. En 2014, il est revenu s’installer en Île de France avec son épouse Rachel et sa petite fille Aimée. Professeur d’économie et de management en BTS, Pierre est également formateur de français en langue étrangère et guide touristique à Paris.

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