Le Grand Ballon, avec ses 1 424 mètres d’altitude, est le plus haut sommet du massif des Vosges.
C’est aussi le point culminant de la région historique de l’Alsace et du département du Haut-Rhin.
Bref, dans la famille “je domine les environs”, il ne fait pas semblant.
Visible depuis la plaine d’Alsace, reconnaissable à son grand radar blanc installé près du sommet, le Grand Ballon est l’un des sites les plus emblématiques des Vosges.
On y vient pour la vue, pour la Route des Crêtes, pour les randonnées, pour le vélo… et, parfois, simplement pour prendre un bon bol d’air frais quand la plaine d’Alsace commence à cuire gentiment en été.
En 2026, le Grand Ballon revient aussi sous les projecteurs grâce au Tour de France.
Une bonne occasion de redécouvrir ce sommet vosgien que l’on connaît souvent de nom, mais que l’on n’a pas toujours pris le temps d’explorer.
Le Grand Ballon ou Ballon de Guebwiller

Le Grand Ballon est également connu sous le nom de Ballon de Guebwiller.
Ce nom s’explique facilement : la ville de Guebwiller se trouve à seulement quelques kilomètres à l’est, au pied du massif.
On le confond parfois avec le Ballon d’Alsace, autre sommet célèbre des Vosges, situé plus au sud-ouest.
Pour résumer simplement : le Ballon d’Alsace est très connu dans l’histoire du Tour de France, mais le Grand Ballon est plus haut.
En allemand, le Grand Ballon est appelé Belchen ou Großer Belchen. Ce nom rappelle la longue histoire de cette montagne, située dans une région où les influences françaises, alsaciennes et germaniques se croisent depuis des siècles.
Depuis la plaine d’Alsace, le Grand Ballon impressionne par son dénivelé.
Certes, 1 424 mètres, ce n’est pas le Mont-Blanc. Mais quand on part de Mulhouse, située beaucoup plus bas dans la plaine, la montagne prend tout de suite une autre dimension.
Où se trouve le Grand Ballon ?
Le Grand Ballon se situe dans le Haut-Rhin, au cœur du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Il domine la région de Guebwiller, la vallée de la Lauch au nord et la vallée de la Thur au sud.
À vol d’oiseau, Mulhouse se trouve à environ 25 km au sud-est. Par temps clair, depuis la ville et les environs, on aperçoit facilement cette grande masse arrondie qui ferme l’horizon vosgien.
Le sommet lui-même ne se trouve pas directement sur une grande route. La célèbre Route des Crêtes passe juste en contrebas, en contournant le Grand Ballon par l’est.
Il faut ensuite laisser la voiture sur l’un des parkings et monter à pied jusqu’au point culminant.
Rassurez-vous : ce n’est pas une expédition himalayenne. Depuis la route, il faut compter environ 15 minutes de marche pour atteindre le sommet.
Selon votre forme, votre rythme et votre propension à vous arrêter tous les vingt mètres pour prendre des photos, évidemment.
Le col du Grand Ballon : à ne pas confondre avec le sommet
Il faut distinguer le Grand Ballon, c’est-à-dire le sommet à 1 424 mètres, et le col du Grand Ballon.
Le col du Grand Ballon se situe sur la Route des Crêtes, à environ 1 341 mètres d’altitude.
Il contourne le sommet par l’est et relie notamment le secteur du Markstein à celui du Vieil-Armand et du col Amic.
C’est ce col que l’on emprunte en voiture, à moto ou à vélo lorsque l’on suit la Route des Crêtes.
C’est aussi ce passage qui intéresse particulièrement les cyclistes, car il constitue l’un des grands accès routiers vers les hauteurs du massif.
À vélo, le col du Grand Ballon peut se grimper par plusieurs versants.
Les routes les plus connues montent depuis la plaine d’Alsace, notamment par Soultz, Uffholtz, Wattwiller ou Willer-sur-Thur.
Certaines ascensions sont longues, irrégulières et redoutables, surtout dans les derniers kilomètres après le col Amic.
C’est là que le mot “ballon” peut prêter à sourire.
On imagine quelque chose de doux, de rond, presque sympathique. Puis la pente se cabre, les mollets protestent, et l’on comprend que dans les Vosges, même les noms poétiques peuvent cacher un certain sens de l’humour.
Le Grand Ballon et le Tour de France 2026
En 2026, le Tour de France passe par le Grand Ballon lors de la 14e étape, entre Mulhouse et Le Markstein Fellering.
Cette étape vosgienne s’annonce exigeante, avec plusieurs difficultés au programme.
Le Grand Ballon arrive tôt dans la journée, après la sortie de Mulhouse, la montée vers le Hartmannswillerkopf et le passage au col Amic.
Les coureurs atteignent ensuite le secteur de la ferme du Grand Ballon avant de poursuivre vers le col du Haag et Le Markstein.
Sur le profil officiel de l’étape, le Grand Ballon est classé en première catégorie.
La montée annoncée mesure plus de 21 km, avec une pente moyenne qui peut sembler raisonnable sur le papier. Mais les moyennes sont parfois trompeuses dans les Vosges : elles mélangent des portions plus douces avec des passages nettement plus costauds.
Le Grand Ballon n’est pas une nouveauté pour le Tour de France.
La course y est passée à plusieurs reprises depuis 1969: 1973, 1976, 1992, 1997, 2005, 2014, 2019 et 2026.
Le sommet et son col appartiennent à cette grande tradition des étapes vosgiennes : moins hautes que les Alpes, moins mythiques que les Pyrénées peut-être, mais souvent nerveuses, piégeuses et spectaculaires.
À la télévision, les images du Grand Ballon sont généralement magnifiques : routes en lacets, forêts sombres, chaumes dégagées, spectateurs massés au bord de la route, et parfois une vue immense sur la plaine d’Alsace.
Pendant quelques minutes, les téléspectateurs découvrent que les Vosges ne sont pas seulement de gentilles collines arrondies. Elles savent aussi faire mal aux jambes.
Les Hautes-Chaumes du Grand Ballon

La partie sommitale du Grand Ballon est largement déboisée. On entre ici dans le domaine des Hautes-Chaumes, ces paysages ouverts typiques des sommets vosgiens.
Ce sont des prairies d’altitude, battues par le vent, où l’ambiance peut changer très vite.
Un instant, vous marchez sous le soleil, avec une vue immense sur l’Alsace. Quelques minutes plus tard, un nuage arrive, la température baisse, et l’on se rappelle que l’on est tout de même à plus de 1 400 mètres d’altitude.
En été, ces chaumes offrent un paysage très différent des forêts qui couvrent les pentes du massif.
On y trouve une flore de montagne remarquable, des pâturages et parfois les belles vaches vosgiennes, reconnaissables à leur robe noire et blanche.
Le Grand Ballon est donc à la fois un sommet panoramique, un espace naturel fragile et un paysage pastoral. Une sorte de résumé des Hautes Vosges en un seul lieu.
Les monuments du sommet

Le radar du Grand Ballon
Le Grand Ballon est aujourd’hui facilement reconnaissable grâce à son radar blanc, installé près du sommet.
Cette structure moderne, presque futuriste, surprend toujours un peu dans ce paysage de chaumes et de montagnes anciennes. On pourrait presque croire qu’un vaisseau spatial s’est posé là, un jour de brouillard, et qu’il a finalement décidé de rester.
Le radar sert à l’aviation civile. Sa silhouette blanche est devenue l’un des symboles visuels du Grand Ballon. Comme le chalet du Hohneck ou la chapelle du Mont Sainte-Odile, il fait partie de ces repères que l’on identifie immédiatement dans le paysage.
Autour du radar, le sentier permet de rejoindre la table d’orientation et le point culminant marqué par une borne. C’est là que commence vraiment le spectacle.
Le monument des Diables Bleus
Près du sommet se trouve également le monument des Diables Bleus.

Il rend hommage aux chasseurs alpins, surnommés les Diables bleus, qui combattirent dans les Vosges pendant la Première Guerre mondiale. Le monument fut inauguré en 1927 par le président Raymond Poincaré.
Ce rappel historique est important. Les paysages du Grand Ballon peuvent sembler paisibles aujourd’hui, mais toute cette partie des Vosges fut profondément marquée par les combats de 1914-1918. Le champ de bataille du Hartmannswillerkopf, ou Vieil-Armand, ne se trouve d’ailleurs qu’à une dizaine de kilomètres.
Le Grand Ballon est donc aussi un lieu de mémoire. Ici, la beauté du panorama cohabite avec le souvenir d’une histoire tragique.
Un panorama à couper le souffle
Le panorama depuis le Grand Ballon est l’un des plus beaux de l’est de la France.
Au premier plan, on aperçoit les sommets voisins des Vosges : le Markstein, le Molkenrain, le Petit Ballon, le Hohneck, le Ballon d’Alsace et bien d’autres reliefs arrondis qui composent cette ligne bleue si familière aux Alsaciens.

Plus bas s’étend la plaine d’Alsace, avec Mulhouse, Colmar, Bâle et, par temps clair, Fribourg-en-Brisgau côté allemand. Au-delà, on distingue la Forêt-Noire, le Jura suisse et français, puis, lorsque les conditions sont vraiment favorables, les Alpes.
Et là, c’est le grand moment.
Voir les Alpes depuis les Vosges reste toujours une expérience magique. On peut parfois apercevoir le Mont-Blanc, les Alpes bernoises et une grande partie de la chaîne alpine.

Pour maximiser vos chances, mieux vaut monter entre l’automne et le printemps, par temps clair, lorsque l’air est sec et que la visibilité est excellente.
C’est l’un de mes panoramas préférés en France. Il y a quelque chose de très émouvant à voir, depuis les Vosges, cette immense barrière blanche se dessiner à l’horizon.
Randonnée, vélo et Route des Crêtes
Le Grand Ballon est un point de départ idéal pour de nombreuses randonnées.
Le GR5, grand itinéraire de randonnée reliant la mer du Nord à la Méditerranée, passe par le secteur. Depuis le sommet, on peut rejoindre le Markstein d’un côté ou descendre vers les vallées de l’autre.

La Route des Crêtes permet aussi d’explorer facilement les hauts lieux du massif : le Markstein, le Hohneck, le col de la Schlucht, les lacs vosgiens, les chaumes et les points de vue.
En voiture, c’est l’une des plus belles routes de montagne de l’est de la France. À vélo, c’est une autre histoire. Magnifique, oui. Mais parfois douloureuse. Disons que la beauté du paysage aide à oublier la pente… au moins pendant quelques secondes.

En hiver, l’accès dépend fortement des conditions météo. Certaines portions de la Route des Crêtes peuvent être fermées à cause de la neige. Le Grand Ballon retrouve alors une atmosphère plus sauvage, plus rude, presque alpine.
Mon regard sur le Grand Ballon
Le Grand Ballon fait partie de ces lieux que je connais depuis longtemps. Quand on a des attaches en Alsace et en Lorraine, on finit toujours par passer un jour ou l’autre par la Route des Crêtes.
J’aime cette montagne parce qu’elle résume beaucoup de choses que j’apprécie dans les Vosges : des paysages accessibles mais jamais banals, une histoire dense, des fermes-auberges pas très loin, de grandes forêts, des chaumes lumineuses et, les jours de chance, cette vue incroyable sur les Alpes.
Le Grand Ballon n’est pas seulement “le plus haut sommet des Vosges”. C’est un repère. Un phare de montagne pour toute l’Alsace du Sud. Un lieu où l’on monte pour prendre de la hauteur, au sens propre comme au sens figuré.
Et en juillet 2026, lorsque les coureurs du Tour de France grimperont vers le Grand Ballon, ce sommet emblématique des Vosges aura une nouvelle fois droit à son moment de gloire.
Il le mérite bien.
Localisation du Grand Ballon sur google map.
Si vous avez grimpé sur le sommet du Grand-Ballon, laissez-nous un commentaire avec vos impressions !
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Merci Pierre pour ce super travail qui est une belle invitation au voyage.
Merci beaucoup Alain pour votre commentaire ! En vous souhaitant une belle semaine. Pierre
Bonjour Pierre merci pour ce super article , c’est une magnifique région , nous n’avons pas encore été jusque tout en haut , mais peut-être l’année prochaine .
Merci de nous faire voyager .
Avec grand plaisir ! Merci de lire nos « aventures » sur le blog et à très bientôt ! 🙂
Bonjour Pierre,
C’est toujours avec grand plaisir que je lis vos articles sur cette belle région que nous avons découverte cet été, et pour laquelle votre petit guide nous a été bien utile. Il nous reste bien des choses à voir …
Continuez de nous faire voyager et rêver, et grand merci.
Véronique
Un grand merci Véronique pour votre gentil message ! Je suis ravi d’apprendre que le petit guide vous a aidé à explorer nos régions de l’Est ! A bientôt et belle semaine. Pierre
BRAVO, je connaissais déjà un peu le ballon de guebwiller pour la bonne raison que depuis Colmar Meyenheim, au service national, le colonel comandant la base aérienne 132 nous avait fait conduire en camion au pied du ballon, avant de nous commander de le gravir à pied jusqu’au sommet; chose que nous avons faite et nous a valu en récopense un excellent repas au resaurant à proximité. merci, bien cordialement, à la prochaine
Merci beaucoup Christian pour ce gentil message. Petite anecdote, mon père militaire a lui aussi été basé à Meyenheim dans les années 1970 ! Bonne journée et à bientôt sur le blog !
Bonjour Pierre,
Vous avez envoyé « Découvrir le Grand Ballon » à la place du document concernant le « Buchmesser » de Strasbourg.
Encore grand merci pour vos beaux reportages
.
Amicalement, Georges.
Merci beaucoup Georges pour le commentaire ! Je viens de rectifier le tir… vous avez dû recevoir un email avec le nouveau lien. Encore désolé ! Pierre