La façade de la cathédrale de Strasbourg : joyau gothique

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Reconnaissable de loin grâce à son allure atypique, la cathédrale de Strasbourg est l’emblème incontesté de la ville, et parfois de toute l’Alsace. Que l’on emprunte l’autoroute depuis Paris ou Mulhouse, on aperçoit de loin sa silhouette au clocher unique surmonté d’une flèche. La façade de la cathédrale de Strasbourg est un chef-d’œuvre de grâce et de légèreté que je vous propose de découvrir. Un monument dont Goethe a un jour écrit : « Plus je contemple la façade de la cathédrale, plus je suis conforté dans ma première impression qu’ici élévation est alliée à la beauté ».

La façade de la cathédrale de Strasbourg : première impression

Pour avoir une vue d’ensemble de la magnifique façade, positionnez-vous rue Mercière.

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Rue Mercière et la cathédrale © French Moments

Vous serez frappé par le travail richement orné des artisans-maçons. L’exemple le plus abouti – et unique en France – est le « rideau », constitué de harpes de pierre, fixé au-devant des murs porteurs.

La façade de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

La façade de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

Il s’agit à mon avis d’une des plus belles façades de cathédrale gothique d’Europe.

La place de la cathédrale donne un point de vue incroyable sur ce joyau architectural même si on a peu de recul (notamment pour prendre une photo de la cathédrale en entier !)


Les étapes de réalisation de la façade de la cathédrale de Strasbourg

Le clocher unique de la cathédrale et sa magnifique flèche symbolisent la ville de Strasbourg depuis plusieurs siècles.

Un record mondial de hauteur !

La flèche s’élève à 142 mètres de hauteur et demeure de nos jours la plus haute structure médiévale en Europe.

Oh, il y a bien plus haut que la flèche de Strasbourg en Europe.

En effet, les cathédrales de Cologne (157 m) et d’Ulm (161 m) en Allemagne, sans oublier Rouen (151 m) en France, ont depuis dépassé le record tenu par Strasbourg de 1647 à 1874. Toutefois, l’édification de leurs tours ne date que du 19e siècle.

Cathédrale et Grande Île de Strasbourg © French Moments

La cathédrale de Strasbourg © French Moments

Strasbourg a perdu son titre de plus haut monument du monde en 1874, lorsqu’on acheva la flèche de l’église Saint-Nicolas de Hambourg. Celle-ci surpassa Notre-Dame de Strasbourg de 5 m pour atteindre 147 mètres.

En comparaison, les tours de Notre-Dame de Paris atteignent 69 m et la flèche de la croisée du transept, édifiée par Viollet-le-Duc au 19e siècle s’élevait à 96 m de hauteur avant l’incendie de 2019.

Façade de la cathédrale de Strasbourg la nuit © French Moments

La façade de la cathédrale de Strasbourg la nuit © French Moments

Pourquoi une telle silhouette ?

La silhouette singulière de la cathédrale de Strasbourg s’explique par plusieurs changements de projet au cours de l’histoire de sa construction.

Il nous est parvenu plusieurs plans de projets. Les plus intéressants sont sans nul doute les 4 schémas A, B, C et D sur lesquels a travaillé le célèbre architecte de la cathédrale, Erwin von Steinbach. Les projets A et B sont particulièrement intéressants :

  • Le projet A est l’un des plus anciens dessins d’architecture conservés en Occident. Il date des années 1260.
  • Le Projet B prend pour modèle la façade de la cathédrale de Troyes (2 tours, 3 portails et un second étage avec une rose centrale). Il finira par le dépasser nettement dans l’élaboration opulente et nouvelle des formes gothiques.
  • Le plan original de la façade par Erwin von Steinbach ne comportait que deux étages et deux tours coiffées de flèches.

Etapes de construction de la façade de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

Maître Gerlach continua les travaux entre 1355 et 1365 et acheva le troisième étage des clochers. Toutefois, l’édification prévue des flèches fut abandonnée, et ce pour plusieurs raisons.

  • En 1356, la ville de Bâle et le Sundgau (Sud de l’Alsace) furent détruits par un tremblement de terre, ce qui réduisit peut-être les ardeurs des bâtisseurs et de certains habitants traumatisés.
  • De plus, la Grande Peste de 1349 causa des pertes humaines énormes et entraîna des difficultés financières pour la ville.

Quand Notre-Dame de Strasbourg ressemblait à Notre-Dame de Paris

Si bien qu’en 1365, la silhouette de la cathédrale ressemblait alors étrangement à celle de Notre-Dame de Paris. Les tours de la cathédrale alsacienne (hautes de 66 mètres) étaient alors inférieures de 3 mètres à sa consœur parisienne.

Vers 1383, après la mort de Gerlach, son successeur Michel de Fribourg décida de combler l’espace compris entre les tours : le beffroi.

Un effet visuel désastreux !

Mais l’effet visuel était plutôt de mauvais goût… Ce fut l’avis du premier Magistrat de Strasbourg. N’appréciant pas la nouvelle silhouette de la cathédrale, il confia à Ulrich d’Ensingen la tâche d’ériger un clocher de forme octogonale à la base d’une hauteur de 34 mètres sur la tour Nord. Ce fameux architect travailla également sur la tour de la cathédrale d’Ulm en Allemagne (aujourd’hui la plus haute du monde), d’où une certaine ressemblance avec Strasbourg.

A la fin des travaux, l’ensemble atteignit alors une hauteur de 100 mètres.

L’élévation de la flèche

Ulrich d’Ensingen avait prévu de coiffer la tour d’une flèche relativement simple. Mais Jean Hültz de Cologne, reprenant la suite des travaux, changea complètement le projet. C’est lui qui élabora une flèche très complexe et gracieuse.

Chacune des arêtes de la tour octogonale porte une succession de six petits escaliers à vis hexagonaux, eux-mêmes suivis par quatre autres escaliers en circonvolution dans quatre immenses pinacles posés sur quatre des angles de la tour et bien visibles de l’extérieur.

La construction de la flèche, d’une hauteur de 42 mètres, ne fut achevée que beaucoup plus tard, en 1439. A cette date, le premier Magistrat avait de quoi être satisfait du travail. Les Strasbourgeois considéraient l’édifice comme un symbole de puissance et de grandeur de leur ville.

Mais voilà, en cette fin du 15e siècle, quand le monde occidental bascula du moyen-âge à l’époque des grandes découvertes et de la Renaissance, il manquait à la cathédrale de Strasbourg sa seconde flèche. Elément indispensable pour lui conférer une façade harmonique.

La flèche jumelle de la cathédrale

Faut-il construire la flèche jumelle de la cathédrale de Strasbourg ?

Cathédrale de Strasbourg © French Moments

Les deux flèches de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

Si la question ne fait plus l’actualité de nos jours, ce n’était pas le cas au moyen-âge. A l’époque, les architectes abordèrent le projet de construction de la tour sud à de nombreuses reprises.

Ainsi, en 1490, l’architecte Hans Hammer dessina le plan d’une deuxième flèche, sans pouvoir réaliser son ambitieux projet.

Pourquoi les projets à la construction d’une tour jumelle n’ont pas été réalisés ?

Il existe plusieurs raisons à l’abandon du projet.

  • Au début du 16e siècle, l’art gothique commença à passer de mode au profit de la Renaissance.
  • Et puis, les comptes de la Ville libre étaient trop pauvres pour entreprendre un tel ouvrage.
  • D’autres spécialistes estiment plutôt que la construction d’une deuxième tour sur un sol réputé instable aurait pu causer un déséquilibre à l’édifice et occasionner des dégâts importants.

Plus tard, au 19e siècle, Strasbourg redevint allemande de 1871 à 1918. C’était le temps du renouveau du gothique. En Allemagne, on achevait enfin la cathédrale de Cologne avec ses deux flèches. Des architectes allemands (dont Charles Winkler) émirent l’idée d’une flèche jumelle à Strasbourg, sans rencontrer de succès…

Cathédrale de Strasbourg projet de Charles Winkler © Fondation de l'œuvre Notre-Dame - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Le projet de Charles Winkler (2nde moitié du 19e siècle) © Fondation de l’œuvre Notre-Dame – licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Pas de façade harmonique à Strasbourg

Oui car, même si la cathédrale de Strasbourg aurait eu fière allure avec une façade harmonique, sa silhouette singulière était déjà ancrée dans le cœur des Strasbourgeois comme un symbole. Une représentation historique et architecturale de la puissance de la République de la Ville libre de Strasbourg au Moyen-âge.

C’est un peu comme si on ajoutait des flèches (voulues au départ) aux tours de Notre-Dame de Paris et de la cathédrale de Reims… Pas sûr que les Parisiens ou les Rémois seraient partants !


La façade de la cathédrale de Strasbourg de bas en haut

Après avoir relaté l’histoire du clocher emblématique, découvrons à présent les détails de la façade de la cathédrale de Strasbourg, des portails à la cime de la flèche.

Les portails de la façade occidentale

La façade de la cathédrale de Strasbourg compte trois portails.

Les trois portails de la façade de la cathédrale de Strasbourg © Patrick Nouhailler - licence [CC BY-SA 2.0] from Wikimedia Commons

Les trois portails de la façade de la cathédrale de Strasbourg © Patrick Nouhailler – licence [CC BY-SA 2.0] from Wikimedia Commons

Le portail central

C’est celui de la façade le plus richement décoré. Ici, on a représenté les statues des prophètes de l’Ancien Testament dans les cinq voussures du portail. Ces personnages sont censés faire le lien entre les temps anciens et les temps modernes. Ils sont donc les garants du bon déroulement de l’histoire.

Façade de la Cathédrale de Strasbourg - © Guilhem Vellut - licence [CC BY 2.0] from Wikimedia Commons

Le portail central © Guilhem Vellut – licence [CC BY 2.0] from Wikimedia Commons

Dans les quatre registres historiés du tympan, on y lit des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testaments.

Le thème central est la Passion du Christ qui trône au centre.

  • Une statue de la Vierge à l’Enfant personnifie la Sagesse universelle (la Sophia des Grecs) – l’axe autour duquel tout s’ordonne.
  • Une autre statue de la Vierge est située au-dessus du tympan,
  • elle-même surmontée d’une statue du Christ, Roi et Juge, dont le trône est entouré de lions musiciens.
Le portail de gauche

Façade de la cathédrale de Strasbourg - portail de gauche © Damien - strasbourg_cathedrale_6 - licence [CC BY-SA 2.0] from Wikimedia Commons

Le portail de gauche © Damien – strasbourg_cathedrale_6 – licence [CC BY-SA 2.0] from Wikimedia Commons

Les voussures du portail nord sont décorées de statues du 14e siècle.
  • Elles représentent les vertus, majestueuses et sveltes, terrassant les vices.
  • Autour du tympan, on aperçoit des anges et d’autres personnages bibliques.

Le registre du tympan a pour sujet l’enfance du Christ (sa naissance, la fuite en Egypte, la Présentation au Temple).

Le portail de droite

Façade de la cathédrale de Strasbourg - portail de droite © Doc Searls - licence [CC BY 2.0] from Wikimedia Commons

Le portail de droite © Doc Searls – licence [CC BY 2.0] from Wikimedia Commons

Ce portail illustre la Parabole des Vierges Sages et des Vierges Folles.
  • Cinq Vierges Sages tiennent une lampe et les tables de la loi ouvertes, et à leur côté, le mari idéal.
  • Quant aux cinq Vierges Folles, elles tiennent leurs lampes retournées et serrent les tables de la loi fermées. A côté se tient le tentateur avec la pomme de la tentation et des reptiles dans son dos.

De manière logique, le registre du tympan raconte le Jugement dernier.

Les tympans

Un double gable surmonte les tympans des trois portails qui sont consacrés à la vie du Christ.

Le tympan du portail central © Chabe01 - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Le tympan du portail central © Chabe01 – licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

La Grande Rosace

Au-dessus des tympans se tient une merveille : la rosace d’Erwin von Steinbach.

La façade de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

La rosace de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

Elle attire inévitablement le regard en constituant le point central de la façade.

Il s’agit d’un ouvrage d’un diamètre de 15 mètres unique en son genre. Ainsi, contrairement à la tradition gothique de la peupler de saints, elle montre ici des épis de blé. C’est un effet le symbole de la puissance commerciale de Strasbourg au Moyen-âge.

La galerie des apôtres

Au dessus de la rosace, la galerie des apôtres est le point d’honneur de la riche statuaire caractérisant la façade.

Façade de la cathédrale de Strasbourg - Galerie des apôtres © Claude Truong-Ngoc - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

La Galerie des Apôtres © Claude Truong-Ngoc – licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

Malheureusement, pendant la Révolution, on donna l’ordre de détruire toutes les statues. Ainsi, plus de 230 furent détruites. Toutefois le bilan aurait pu être bien plus lourd si un administrateur des Biens Publics n’était pas parvenu à en cacher 67 !

Les statues équestres

Dans les niches des galeries du premier et du deuxième étage, on aperçoit les statues équestres de vingt monarques depuis Clovis Ier jusqu’à Louis XIV.

La statue of Louis XIV (par Jean-Baptiste Vallastre) © Jean-Marc Pascolo - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

La statue of Louis XIV (par Jean-Baptiste Vallastre) © Jean-Marc Pascolo – licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

Sans surprise, les Révolutionnaires n’épargnèrent pas ces statues symboles du pouvoir royal. On les renouvela au 19e siècle.
Panorama de la cathédrale de Strasbourg

Un des chevaliers © French Moments

Le beffroi

A partir de 1384, les maîtres d’œuvre Michel de Fribourg et Claus de Lohr comblèrent l’espace, jusqu’alors vide, entre les deux tours de la façade.

Situé au-dessus de la galerie des apôtres, “le beffroi” ne figurait pas sur le plan original de la cathédrale.

Les travaux durèrent jusqu’en 1388.

Seule la face du beffroi donnant sur la façade occidentale est décorée. Observez l’autre côté depuis la place du château : il est dénudé de toute décoration.

L'envers (non-décoré) du beffroi © French Moments

L’envers (non-décoré) du beffroi © French Moments

Le beffroi abrite dix des seize cloches de la cathédrale.

La plate-forme panoramique

La première plate-forme, à 66 mètres, est accessible au public. Il vous faudra gravir les 330 marches pour découvrir une vue spectaculaire sur la ville de Strasbourg. Par beau temps, on peut apercevoir la Plaine d’Alsace, les Vosges et la Forêt-Noire (Allemagne).

Panorama de la cathédrale de Strasbourg

La panorama sur la ville depuis la terrasse © French Moments

Toutefois, à partir de cet endroit, l’accès à la tour nord et sa flèche est interdit au public.

La plateforme publique vue de la tour nord © Paralacre - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

La plateforme publique vue de la tour nord © Paralacre – licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

En savoir plus sur la plateforme panoramique de la cathédrale de Strasbourg.

La tour nord

La tour nord, qui supporte la sublime flèche, est un clocher qui s’élève à une hauteur de 100 mètres.

Flèche cathédrale de Strasbourg

La flèche de la cathédrale © French Moments

C’est à cette hauteur que se situe la deuxième plate-forme de la grande tour. Elle marque la fin de la tour et le début de la flèche.

A l'intérieur de la tour nord © Paralacre - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

A l’intérieur de la tour nord © Paralacre – licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

Les cloches de la cathédrale

Si nous avions l’opportunité de monter à la deuxième plateforme, on admirerait la somptueuse série de cloches.

Les cloches de la tour nord © Paralacre - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

Les cloches de la tour nord © Paralacre – licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons

La sonnerie de la cathédrale de Strasbourg est une des plus grandes de France. Ainsi, d’après les experts campanologues, il s’agit de l’une des plus parfaites d’Europe. Cette volée de cloches s’appelle en alsacien la Torglocke ou Zehnerglock (cloche de dix heures).
Le Grand Bourdon

Vous pensez à juste titre que c’est dans la tour nord que se trouve le Grand Bourdon, la plus grosse cloche de Strasbourg ?

Eh bien non, celle-ci se situe bien plus bas, au-dessous de la Grande Rosace. Le Totenglocke (son nom en allemand – la cloche des morts) fut coulé en 1427 par maître Hans Gremp de Strasbourg. Il pèse près de 9 tonnes et bénéficie d’un classement aux monuments historiques depuis 1982.

La flèche de la cathédrale de Strasbourg

La magnifique flèche qui coiffe la tour nord a une hauteur de 42 mètres. L’architecte Jean Hültz de Cologne a souhaité construire une flèche très complexe, qui comprend une succession d’escaliers à vis étroits.

A 132 mètres, la plate-forme de la flèche marque la fin de la flèche et le début de la pointe. Cet espace étriqué ne peut accueillir que peu de monde à la fois.

Flèche de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

La flèche de la cathédrale de Strasbourg © French Moments

Enfin, à 136 mètres, la minuscule – et dernière – plate-forme hexagonale de la pointe, termine cette ascension vers le ciel. On l’appelle la corbeille et n’est desservie par aucun escalier. Il faut donc gravir cette dernière partie de la flèche en escaladant la paroi ou à l’aide d’échelles.

Pour les chanceux qui sont autorisés à y monter, la vue laisse sans voix. Pour ma part, j’aurais trop le vertige pour l’atteindre et je laisserais volontiers ma place !

Si ça vous intéresse d’avoir une idée de ce qui vous attend là-haut, regardez cette vidéo sur YouTube. L’émission Des Racines et des Ailes accompagne une équipe qui grime au sommet pour une mission à haut-risque !


Chiffres et anecdotes

Pour terminer cet article en beauté, voici un petit florilège de chiffres et d’anecdotes sur la façade la cathédrale de Strasbourg.

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Rue Mercière et la cathédrale © French Moments

Chiffres-clés de la façade

  • La cathédrale se situe à 141 mètres au-dessus du niveau de la mer et à 9 mètres au-dessus du niveau du Rhin.
  • La terrasse panoramique ouverte au public atteint 66 m.
  • La tour nord s’élève à 100 m.
  • Hauteur de la cathédrale (du parvis à la pointe de la flèche) : 142 mètres.
  • La flèche de la cathédrale est visible de la Forêt-Noire (Allemagne) et des Vosges (notamment du château du Haut-Barr et du mont Sainte-Odile).
La cathédrale de Strasbourg vue d'Obernai © French Moments

Vue sur la cathédrale de Strasbourg depuis Obernai © French Moments

Le record du monde du plus haut édifice

Pendant 227 ans, de 1647 à 1874, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg fut le plus haut édifice du monde.

La cathédrale de Strasbourg et les plus hauts monuments du monde

La cathédrale de Strasbourg et certains des plus hauts monuments du monde (fin du 19e siècle)

Or, sa flèche culmine à 142 m depuis 1439. A cette époque, d’autres cathédrales européennes la surpassaient :

  • la cathédrale de Lincoln en Angleterre (160 m) de 1310 à 1549
  • l’église Sainte-Marie de Stralsund en Allemagne (151 m) de 1549 à 1569 puis à nouveau de 1573 à 1647
  • la cathédrale de Beauvais en France (153 m) de 1569 à 1573.

A noter que les flèches de ces trois cathédrales s’effondrèrent une à une, permettant à celle de Strasbourg de ravir la première place !

Grâce à sa flèche, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est restée l’édifice le plus haut du monde jusqu’en 1874, date de l’achèvement de la flèche de l’église Saint-Nicolas de Hambourg, culminant à 147 mètres.

Une flèche germanique en France

Bien que le style gothique soit né en Ile de France, il s’adapta aux différentes régions d’Europe. Ainsi, on observe des “variations” de l’art gothique en Angleterre, en Espagne, en Italie et en Allemagne.

Ainsi, la flèche de Strasbourg affiche un style gothique régional résolument germanique. Cette caractéristique fait de Notre-Dame de Strasbourg une cathédrale unique en France.

Le test du mesureur de ventre

Il fallait avoir une taille de guêpe pour travailler sur le chantier de la cathédrale de Strasbourg. On raconte que les artisans-bâtisseurs devaient se soumettre au test du mesureur de ventre : le büchmesser. Je vous raconte toute l’histoire amusante ici !

le mesureur de ventre de Strasbourg © French Moments

Le mesureur de ventre de Strasbourg (büchmesser ) © French Moments

La flèche et la Révolution française

Pour les révolutionnaires ardents qu’étaient les Jacobins, la flèche de la cathédrale de Strasbourg symbolisait l’inégalité et devait donc être abattue.

Ainsi, en 1794, un Strasbourgeois eut l’idée de coiffer la flèche d’un immense bonnet phrygien en fer-blanc.

Ceci fut une des ruses des protecteurs de la cathédrale qui, sous prétexte de narguer l’ennemi germanique en brandissant un symbole de la Révolution, évitèrent sa destruction.

Place du marché-aux-cochons-de-lait

Place du marché-aux-cochons-de-lait à Strasbourg © French Moments


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Façade de la cathédrale de Strasbourg pour Pinterest © French Moments

Façade la cathédrale de Strasbourg - Pinterest © French Moments


En savoir plus

Lisez mes articles-découvertes sur Strasbourg :

Voici quelques sites de référence pour en savoir plus sur la façade de la cathédrale de Strasbourg :


 

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About Author

Pierre a grandi en Alsace, en Lorraine et en Allemagne avant de s’établir en Australie. Passionné de la France et de sa culture, il a fondé French Moments, une organisation initialement basée à Sydney qui promeut notre beau pays au public anglophone. En 2014, il est revenu s’installer en Europe avec son épouse Rachel et sa petite fille Aimée. Professeur d’économie et de management en BTS, Pierre est également formateur de français en langue étrangère et guide touristique. Après avoir résidé quelques années en Ile de France et en Savoie, il promeut aujourd'hui la France depuis l'East Sussex en Angleterre.

7 commentaires

  1. Quelle richesse dans votre travail autour de la cathédrale de Strasbourg! Merci beaucoup et bonne journée.
    César

  2. blanchard jean louis on

    Bonjour Pierre ,
    Merci pour cet excellent document et belles photos , Merci Pierre ‘
    Amities
    JL

  3. Alain POTTEZ on

    Bonjour Pierre ,
    C’est toujours un grand plaisir de lire vos articles ,
    Merci
    Amicalement
    Alain

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