Découvrir la colline de Sion-Vaudémont

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Monter sur la colline de Sion-Vaudémont, c’est un peu comme participer à un pèlerinage, qu’il soit religieux ou historique. Cette butte témoin, qui se détache singulièrement du plateau lorrain, offre un des plus beaux panoramas de la région. La colline a la forme d’un fer à cheval dont le point culminant se situe à 540 mètres d’altitude. Vous trouverez ci-dessous quelques informations qui vous aideront à mieux comprendre la fameuse Colline inspirée chère aux Lorrains.


Ma toute première visite

Pour ma première visite de la colline de Sion, j’avais 4 ou 5 ans. J’étais très jeune mais j’en ai gardé trois souvenirs précis :

  1. le clocher de cette église placée au sommet d’une haute colline. C’était assez insolite pour que je m’en souvienne.
  2. sur le parking, un marchand de bonbons vendait des Liquorice allsorts. Les jolis arrangements de couleur de ces bonbons à la réglisse m’ont tellement marqué qu’ils sont encore aujourd’hui mes confiseries préférées.
  3. puis lors de la montée à la colline, j’ai été piqué par une guêpe… aïe !

Voyez-vous, on garde tous des souvenirs très personnels des endroits visités.

Il y a quelques années, j’y suis retourné, comme pour retrouver les souvenirs de mon enfance.

Heureusement les guêpes avaient disparu. Et paquet de liquorice en main, j’ai passé un excellent moment à re-découvrir le site de la Colline inspirée, haut-lieu du patriotisme lorrain.


Pourquoi le nom de « Colline de Sion-Vaudémont » ?

Colline de Sion-Vaudémont © French Moments

L’église de Xirocourt et la colline de Sion en arrière-plan © French Moments

Au Moyen-Âge, les Lorrains montaient au sommet de la colline. Ils y priaient pour les croisés partis guerroyer en Terre Sainte.

Ainsi, on donna naturellement à la butte témoin le nom de Sion, une des collines de Jérusalem.

De plus, on appelle souvent la butte témoin « Colline de Sion-Vaudémont », Vaudémont étant un village au sud de la colline. Ce village historique, j’en reparle un peu plus bas dans l’article !


Un lieu sacré depuis les temps anciens

Colline de Sion-Vaudémont

La basilique de Notre-Dame de Sion © French Moments

La colline était un haut lieu de culte depuis l’époque des Celtes qui y adoraient les dieux de la Guerre et de la Paix. Puis les Romains firent de même avec Mercure.

Lorsque la religion chrétienne devint la religion majoritaire dans le pays, les fidèles remplacèrent le culte des divinités païennes par celui de la Vierge. Vers 971, Gérard, évêque de Toul dédia à la Vierge une première église sur le site de l’actuelle basilique.

Pendant le Moyen Âge, les Lorrains montaient régulièrement en pèlerinage sur la colline pour mettre les croisés sous la protection de la « Duchesse de Sion ».

Tous les ducs de Lorraine, fervents catholiques, vinrent s’y recueillir (ce fut également le cas de Stanislas, le dernier duc). En 1477, le duc René II gagna la fameuse Bataille de Nancy face à Charles le Téméraire (de Bourgogne) sous la bannière de Notre-Dame de Sion.


La colline de Sion-Vaudémont et le patriotisme lorrain

Colline de Sion-Vaudémont © French Moments

Colline de Sion-Vaudémont © French Moments

En 1873, alors qu’une partie de la Lorraine avait été rattachée à l’Allemagne deux ans plus tôt, 30 000  pèlerins défilèrent en procession sur la colline. Ils placèrent devant l’église une croix de Lorraine brisée avec les mots : « Ce n’a me po tojo » (Ce n’est pas pour toujours, en patois lorrain).

En 1920, la Lorraine était redevenue une. Lors d’une cérémonie, Maurice Barrès dissimula la brisure de la croix sous une petite palme d’or sur laquelle il était écrit : « Ce n’ato me po tojo » (Ce n’était pas pour toujours).

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, en 1946, 80 000 pèlerins se sont rassemblés pour assister à la fête de l’Unité. Le général De Lattre de Tassigny déposa une nouvelle croix en marbre avec l’inscription « Estour inc po tojo » (Maintenant un pour toujours).

En 1973, à l’occasion du centenaire de la première croix, ils étaient 10 000 pèlerins français et allemands pour célébrer la « fête de la Paix ». A côté des autres inscriptions, on déposa une banderole de marbre avec le mot français « Réconciliation ».


La basilique de Sion

Colline de Sion-Vaudémont

La basilique de Notre-Dame de Sion © French Moments

La basilique actuelle date du milieu du 18e siècle sauf l’abside qui abrite la statue de Notre-Dame de Sion (début du 14e siècle). C’est au-dessus de l’autel, sur le bas-côté gauche, qu’ont été fixées les ex-votos des trois dernières guerres. Ce sont les plaques commémoratives des pèlerinages de 1873, 1920, 1946 et 1973.

Des points de vue spectaculaires !

Il existe deux points de vue magnifiques sur le pays lorrain à proximité de l’église.

La vue de la Colline de Sion-Vaudemont © French Moments

La vue de la Colline de Sion-Vaudemont © French Moments


La croix Sainte-Marguerite

En suivant la crête de la colline vers le sud par la D53, on passe par la croix de Sainte Marguerite. Il s’agit d’une croix de mission installée en 1622 par Marguerite de Gonzague, l’épouse du duc de Lorraine Henri II.


Le signal de Vaudémont

Colline de Sion-Vaudémont

Le Signal de Vaudémont © French Moments

En suivant la crête de la colline vers le sud par la D53, on arrive au Signal de Vaudémont.

Cet endroit est facilement reconnaissable par le monument à Barrès. Il s’agit d’une lanterne des morts de 22 mètres de haut.

Édifié en 1928, le monument élancé fait écho aux lanternes d’Aunis et de Saintonge. Le socle de la lanterne supporte un faisceau de 11 colonnes accolées. Puis, le pavillon est constitué de 13 colonnettes surmontées d’un toit en forme de pyramide.

Petite anecdote, la lanterne n’a jamais été éclairée.

Colline de Sion-Vaudémont

Monument à Barrès, Signal de Vaudémont © French Moments

Maurice Barrès (1862-1923) était un écrivain et un homme politique né à Charmes en Lorraine. Très attaché à la Lorraine, il est connu pour son œuvre La Colline inspirée (1913). Bien sûr, on aura compris qu’il s’agit de notre colline de Sion !

Le panorama sur le plateau lorrain est superbe. En admirant la vue, on comprend ce que Maurice Barrès avait en tête quand il décrivait ce « vaste paysage de terre et de ciel ». On y découvre la Lorraine dans toute sa splendeur : des villages, des vergers, des forêts, des champs, des prairies… à perte de vue !

Colline de Sion-Vaudémont

Panorama sur le plateau lorrain du signal de Vaudémont © French Moments

Par temps clair, on aperçoit la ligne bleue des Vosges. Un conseil : pour éviter le contrejour, venez en après-midi voire en début de soirée. Le spectacle sera d’autant plus grandiose avec une lumière rasante du soleil.

Et la vue sur le mont Blanc ?

J’ai lu ici et là qu’il était possible d’apercevoir la cime du mont Blanc par temps très clair. Or, d’après ce site, ce n’est jamais le cas. Les premières observations du Toit de l’Europe se font un peu plus au sud, au mont Saint-Jean à Vittel.


Le village de Vaudémont

En continuant la route D53, on atteint Vaudémont. Ce typique village lorrain est intéressant pour ses rues bordées de fermes mitoyennes. Observez la grande porte charretière. Souvent cintrée, elle donne accès à la grange.

La Tour Brunehaut

Derrière le cimetière de l’église, un petit chemin nous conduit aux ruines de la Tour Brunehaut.

En fait, c’est un des vestiges de l’ancien château de Vaudémont détruit par Richelieu en 1639. Car la colline de Sion, c’est aussi l’histoire de la Lorraine. Ou pour être plus précis, le berceau de la famille des ducs de Lorraine. Donc du coup, la belle ruine de la Tour Brunehaut a tout de suite pris plus de valeur à nos yeux !

Tour Brunehaut

La tour Brunehaut à Vaudémont © French Moments


Dans les alentours de la colline de Sion-Vaudémont

Profitez d’une belle journée pour poursuivre votre découverte du Saintois, le terroir autour de la colline :

Vézelise

Cette petite bourgade fut autrefois la capitale du comté de Vaudémont. Découvrez les halles de 1599, l’église des 15e et 16e siècles, ainsi que la maison du bailliage (ancien palais de justice datant de 1561) et son gracieux portail.

Les halles de Vézelise © Mossot - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Les halles de Vézelise © Mossot – licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Château du maréchal Lyautey à Thorey-Lyautey

Le petit village de Thorey-Lyautey abrite un château dans lequel le célèbre maréchal vint finir ses jours le 27 juillet 1934. Son tombeau se trouve aujourd’hui aux Invalides à Paris.

Depuis, la maison et son domaine ont été conservés dans l’état. A l’intérieur, la visite inclut le salon lorrain, le bureau et la chambre du maréchal, la bibliothèque… sans oublier les très exotiques salons marocain et chinois !

Thorey-Lyautey © Doique - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Thorey-Lyautey © Doique – licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons

Château d’Haroué

Dans la campagne du Saintois s’élève le beau château des princes de Beauvau-Craon. A première vue, on se croirait quelque part dans le Val de Loire… Et pourtant, nous sommes bien en Lorraine, sur les bords du Madon.

Ce remarquable château fut construit en 1720 par Boffrand, l’architecte du duc de Lorraine, Léopold.

Un château à découvrir sur le blog!

Château d'Haroué © French Moments

Haroué © French Moments


La colline de Sion-Vaudémont pratique

  • Vous trouverez de nombreux emplacements pour garer votre véhicule. Il est normalement assez facile de se trouver une place hors dimanches et événements religieux (les quinzaines mariales de septembre et mai).
  • La visite de la colline en voiture peut durer plusieurs heures (voire une bonne demi-journée) si vous souhaitez vous rendre à tous les lieux emblématiques et points de vue.
  • La visite peut se faire à pied, dans ce cas prévoir une journée entière. Il existe 11 km de sentiers balisés qui font le tour de la colline.

Vous êtes montés sur la Colline de Sion-Vaudémont ? Laissez-nous vos impressions de visite ci-dessous !

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Colline de Sion-Vaudemont © French Moments


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About Author

Pierre a grandi en Alsace, en Lorraine et en Allemagne avant de s’établir en Australie. Passionné de la France et de sa culture, il a fondé French Moments, une organisation initialement basée à Sydney qui promeut notre beau pays au public anglophone. En 2014, il est revenu s’installer en Europe avec son épouse Rachel et sa petite fille Aimée. Professeur d’économie et de management en BTS, Pierre est également formateur de français en langue étrangère et guide touristique. Après avoir résidé quelques années en Ile de France et en Savoie, il promeut aujourd'hui la France depuis l'East Sussex en Angleterre.

7 commentaires

  1. Martine VETTE on

    Bonjour Pierre , j’espère que vous allez bien et votre famille aussi avec une liberté un peu retrouvée mais avec prudence .
    Merci pour ce nouvel article , on connaissait que de nom ( on a travaillé en imprimerie et on a imprimé des livrets sur la Colline inspirée ) mais nous ne sommes jamais allé , joli endroit .
    Le château d’ Haroué est magnifique . On a plein de belles choses à aller découvrir .
    Bon weekend de Pentecôte à vous .
    Martine

    • Merci Martine ! Oui, la région est pleine de surprises pour celles et ceux qui prennent le temps de les découvrir ! Bon weekend de Pentecôte à vous également 👋

  2. Josette Bailly on

    Vous avez toujours une façon de rédiger qui donne envie d’aller sur les lieux que vous décrivez ! Et on apprend toujours tellement de faits et d’informations inconnues même en étant de la région !
    FÉLICITATIONS et MERCI Pierre !

    • Merci à vous Josette, il y a tant de belles choses à découvrir dans nos régions de l’Est, n’est-ce-pas ?! Bon dimanche et à bientôt ! 🙂

  3. Jean-Pierre MESLET on

    Bonjour Pierre,
    Le Maréchal LYAUTEY a écrit tant de chose sur la colline inspirée que nous avons fait le voyage pour découvrir cela. Ce monument géologique marque le paysage, sa basilique le spirituel et la lanterne l’histoire. Le Château de THOREY soutenu par une la “Fondation LYAUTEY” semble avoir besoin d’aide pour maintenir à niveau le bien immobilier. Un contact avec le Président de l’association pourrait le soutenir. Vos articles sont des plus intéressants et donnent l’envie au voyage. Je transmets votre envoi à des amis qui prévoyaient la Bourgogne, voyage contrarié par le virus. Je vous remercie de vos envois. J-Pierre

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