Le col de la Croisette est l’un des passages les plus spectaculaires du Salève, ce grand balcon calcaire qui domine Genève.
Ce n’est pas la Croisette la plus célèbre de France — Cannes peut garder son tapis rouge, ses stars de cinéma et ses yachts.
Celle-ci appartient à la Haute-Savoie : un lieu de virages serrés, de prairies ouvertes, de routes forestières, de promeneurs du dimanche, de cyclistes courageux et d’horizons alpins qui vous coupent parfois la phrase en plein milieu.
Je connais très bien ce col. Lorsque des amis américains me rendent visite dans la région et que je suis moi-même sur place, je les emmène souvent là-haut.
C’est l’un de ces endroits où le paysage se charge lui-même de faire les présentations.
Où se trouve le col de la Croisette ?
Le col de la Croisette se trouve sur le Salève, en Haute-Savoie, juste au-dessus de la frontière franco-suisse et à une courte distance de Genève.
Pour beaucoup de visiteurs, le Salève est « la montagne des Genevois », même s’il est bel et bien situé côté français.
Le massif se dresse brusquement derrière la ville, formant un long balcon naturel entre le bassin genevois et les premiers reliefs des Alpes.
Le col se situe à environ 1 175 mètres d’altitude. Il constitue un point de rencontre entre plusieurs routes du Salève : depuis Collonges-sous-Salève et Le Coin, depuis La Muraz, depuis Mornex ou encore depuis le versant de Cruseilles.
Personnellement, je vois la Croisette comme un point de bascule. Elle se trouve entre deux ambiances du Salève : la partie Cruseilles–Croisette, plus ouverte et pastorale, et la partie Croisette–Mornex, davantage tournée vers le bassin genevois.

Le col de la Croisette vu de la Sous-Dine © French Moments
L’autre Croisette : pas de tapis rouge ici
Quand on parle de « la Croisette », beaucoup pensent immédiatement à Cannes : les palmiers, les palaces, les stars du cinéma et les photographes qui hurlent des prénoms sur un tapis rouge.
La version du Salève est légèrement différente.
Ici, le glamour se porte plutôt avec des chaussures de marche. On y trouve des cloches de vaches, des cyclistes qui cherchent leur souffle et des familles en quête du meilleur coin de pique-nique.
Il n’y a pas de yachts au col de la Croisette, sauf si quelqu’un s’est vraiment très sérieusement trompé de route depuis la Méditerranée.
Et c’est justement ce qui fait son charme. Cette Croisette n’est pas faite pour être vue. Elle est faite pour regarder : vers les Aravis, le massif du Mont-Blanc, le bassin genevois et les paysages de Haute-Savoie.

Le Mont blanc vu du Salève en hiver © French Moments
Pourquoi le col de la Croisette est un site emblématique du Salève
Le col de la Croisette est l’un des sites emblématiques du Salève parce qu’il est à la fois une destination et un lieu de passage.

L"arrivée au Col de la Croisette © French Moments
En semaine, il appartient en partie à la vie locale, avec les habitants et les travailleurs frontaliers qui empruntent les routes de la montagne. Le week-end, il devient un lieu de rendez-vous pour les promeneurs, les cyclistes, les amoureux de nature et les familles qui viennent chercher un peu d’air frais au-dessus des vallées.
Ce mélange fait partie de son attrait — et parfois aussi de ses limites. Le col est populaire, mais il n’a pas toujours été aménagé pour accueillir le nombre de personnes qui le fréquentent.
Trop de voitures, des espaces d’accueil limités, des équipements vieillissants et un manque de confort pour les piétons et les cyclistes ont longtemps donné au site une impression moins accueillante qu’il ne le mérite.
Et pourtant, le cadre reste extraordinaire. Vous êtes tout près de Genève, d’Annemasse et des grands axes routiers. Mais dès que vous sortez de la voiture, l’air, la lumière et le paysage semblent appartenir à un autre monde.
Ma manière préférée de découvrir le col de la Croisette
J’aime emmener des visiteurs qui découvrent le Salève pour la première fois au col de la Croisette, car l’effet est immédiat.
Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste de la montagne pour comprendre l’importance du lieu. La route monte, les vues s’ouvrent, l’air change, et soudain le monde animé de la plaine paraît étonnamment loin.

L'arrivée au Col de la Croisette © French Moments
Pour des visiteurs américains, notamment, la géographie du lieu est fascinante. En quelques kilomètres seulement depuis Genève, on passe d’une ville internationale à un paysage rural de montagne, avec la France d’un côté, la Suisse en contrebas et les Alpes en ligne d’horizon.
C’est une petite leçon de géographie européenne en plein air — avec un décor beaucoup plus agréable qu’une salle de classe.

Le hameau de La Croisette © French Moments
Les vues depuis le col de la Croisette
La grande récompense du col de la Croisette, c’est cette impression d’espace.
Selon l’endroit où vous vous trouvez et la clarté de la météo, vous pouvez apercevoir le massif des Bornes, les Aravis, le massif du Mont-Blanc et une large partie de l’horizon alpin.

Le Mont blanc vu du Col de la Croisette © French Moments
La lumière change tout. En été, elle adoucit les prairies. En hiver, elle souligne les sommets enneigés. Au coucher du soleil, même un simple arrêt au bord de la route peut devenir un moment mémorable.
Pour profiter pleinement du lieu, ne traitez pas le col comme un simple point d’arrivée où l’on prend une photo avant de repartir. Déplacez-vous un peu. Marchez, observez, prenez le temps. Le Salève se révèle progressivement.
Le col de la Croisette à vélo : une montée sérieuse
Le col de la Croisette n’est pas seulement beau. Il est aussi redoutable.
Depuis Collonges-sous-Salève, par Le Coin, la montée est souvent décrite comme longue d’environ 7,8 kilomètres, avec près de 698 mètres de dénivelé positif et une pente moyenne proche de 8,9 %.
Sur le papier, c’est déjà sérieux. Dans les jambes, cela peut sembler encore plus rude, car certaines portions sont nettement plus raides.
La section la plus célèbre, entre Le Coin et le sommet, propose un effort brutal d’environ 4,7 kilomètres à 11,2 % de moyenne. Ce n’est pas exactement la petite balade dominicale tranquille — sauf si vos dimanches incluent habituellement une bonne dose de souffrance volontaire.
C’est le genre de route où les cyclistes confiants deviennent silencieux, et où les cyclistes très confiants commencent à négocier discrètement avec leurs mollets.
Pour les amateurs, le mot essentiel est respect. La montée est courte par rapport à certains grands cols alpins, mais sa pente la rend exigeante. Un bon braquet, de bons freins et une conscience raisonnable de ses limites sont indispensables.

A quelques mètres du Col de la Croisette © French Moments
Le col de la Croisette et le Tour de France 2026
Le Tour de France 2026 mettra le col de la Croisette en lumière lors de la 15e étape, entre Champagnole et le Plateau de Solaison. Ce ne sera pas la dernière montée du jour, mais elle pourrait bien être l’un des moments les plus marquants de l’étape.
Sur le parcours officiel, Le Salève – col de la Croisette est annoncé comme une montée de catégorie 1, à 1 175 mètres d’altitude, après environ 136 kilomètres de course. Avec ses 4,7 kilomètres à 11,2 %, c’est exactement le type d’ascension qui paraît magnifique à la télévision, mais beaucoup moins poétique pour les coureurs.
Le Salève a déjà figuré dans l’histoire du Tour de France, mais seulement de manière occasionnelle. La montagne a été gravie en 1973, 1974, 1981 et 1992. Le passage de 2026 ramènera donc la course sur ce balcon spectaculaire au-dessus de Genève.
Cette fois, le projecteur sera clairement braqué sur Le Salève – col de la Croisette, placé tard dans l’étape avant que les coureurs ne poursuivent leur route vers l’ascension finale du Plateau de Solaison.
Cette rareté donne un intérêt supplémentaire au passage de 2026. Pour beaucoup de téléspectateurs, ce sera peut-être la première vraie découverte de la « montagne des Genevois ».

Le hameau de La Croisette © French Moments
Un col en cours de transformation
Le col de la Croisette est aussi un lieu qui évolue. Les collectivités locales ont prévu un réaménagement du site afin de le rendre plus calme, plus agréable et mieux adapté à ceux qui le fréquentent.
L’objectif est de réduire la place dominante de la voiture, de mieux organiser le stationnement, d’améliorer l’accueil des visiteurs et de redonner davantage d’espace aux piétons et aux cyclistes.
Un belvédère est également prévu, afin de mettre en valeur la vue vers les Aravis et le Mont-Blanc.
C’est important, car le col mérite mieux qu’un simple aménagement fonctionnel. Il est trop beau pour n’être considéré que comme un carrefour avec parking.

Les Monts Jura seen vus de La Croisette (Salève) © French Moments
Comment visiter le col de la Croisette
La manière la plus simple de visiter le col de la Croisette est de venir en voiture, soit depuis Genève et Annemasse, soit depuis le versant de Cruseilles. Les routes sont des routes de montagne : prévoyez du temps, conduisez prudemment et gardez à l’esprit que les conditions peuvent changer rapidement.
Les week-ends et les journées de beau temps peuvent être fréquentés, surtout lorsque les habitants de la région montent au Salève pour prendre l’air. Arriver plus tôt dans la journée est souvent une bonne idée. Même en été, pensez à prendre une veste : la température au col peut être très différente de celle de la vallée.

Col de la Croisette © French Moments
Il y a aussi quelques restaurants au col, ce qui permet de s’arrêter pour un repas ou une boisson avant de poursuivre la visite. Il vaut mieux vérifier les horaires d’ouverture à l’avance, surtout hors saison ou en semaine.
Les cyclistes doivent considérer l’ascension comme un véritable effort de montagne, et non comme un simple détour panoramique. Quant aux promeneurs et aux visiteurs, ils gagneront à utiliser le col comme point de départ plutôt que comme point final. Le meilleur du Salève se découvre souvent en prenant un peu plus de temps.
Que voir près du col de la Croisette ?
Les environs du Salève offrent de nombreuses possibilités de découverte. Vous pouvez poursuivre vers Mornex et le versant tourné vers Genève, rejoindre La Muraz, ou relier la visite à d’autres points de vue du massif.
Cruseilles, le plateau des Bornes et la campagne entre Annecy et Genève s’intègrent également très bien à une journée dans le secteur.
Genève semble presque à vos pieds, mais l’ambiance, elle, reste pleinement haut-savoyarde.

Genève vue du Salève © French Moments
Le col de la Croisette vaut-il le détour ?
Oui — surtout si vous voulez comprendre pourquoi le Salève est bien plus qu’un simple décor de montagne derrière Genève.
Le col de la Croisette est à la fois panoramique, local, sportif et merveilleusement situé. Il offre des vues alpines sans nécessiter une longue expédition, un petit parfum de Tour de France sans perdre son caractère quotidien, et suffisamment de personnalité pour exister fièrement face à sa célèbre homonyme de Cannes.
L’une des Croisette a ses stars de cinéma. Celle-ci a ses routes raides, son air frais et une vue qui mérite largement la montée.

Le Mont blanc vu du Salève (près de la tour hertzienne) © French Moments
Trouvez un hébergement près du Salève
Il existe plusieurs possibilités d’hébergement autour du Salève si vous souhaitez explorer la région à un rythme plus tranquille. Les principales localités à considérer sont Cruseilles, Beaumont, Archamps, Saint-Julien-en-Genevois et Annemasse, selon que vous préférez une base plus calme à la campagne ou un accès plus facile à Genève et aux transports.
Pour le plus grand choix d’hôtels et d’appartements, Annemasse est souvent l’option la plus pratique. Parcourez la carte ci-dessous pour comparer les hébergements disponibles près du Salève.


