Le Plateau de Solaison est l’un de ces lieux de Haute-Savoie que l’on croit connaître de nom, sans toujours mesurer la beauté spectaculaire de son décor.
Perché au-dessus de la vallée de l’Arve, entre falaises calcaires, chalets d’alpage et routes vertigineuses, Solaison appartient à cette Haute-Savoie plus secrète, loin des grandes stations et des cartes postales trop parfaites.
Ici, pas de lac aux eaux turquoise ni de téléphérique célèbre. À la place : une route qui grimpe sérieusement, un village de montagne, des prairies d’altitude, des sommets tout proches et cette impression très particulière d’être à la fois au-dessus du monde et encore profondément enraciné dans la vie locale.
En 2026, le Tour de France fait arriver la 15e étape au Plateau de Solaison, au terme d’une étape de montagne partie de Champagnole. Le site officiel du Tour annonce une étape de 183,9 km, avec 3 950 m de dénivelé positif, et une arrivée à Brison / Plateau de Solaison à environ 1 508 m d’altitude.
Où se trouve le Plateau de Solaison ?
Le Plateau de Solaison se situe en Haute-Savoie, dans le massif des Bornes, sur le territoire de Brizon — que l’on rencontre aussi très souvent sous la forme Brison dans l’usage local et touristique.
Le plateau se trouve à environ 1 500 m d’altitude, au-dessus de la vallée de l’Arve et de Bonneville.
Géographiquement, le lieu est magnifique parce qu’il est très lisible.
Au nord se dresse la Pointe d’Andey.
Au sud, les Rochers de Leschaux ferment l’horizon.
Entre les deux, Solaison déroule ses pâturages, ses chalets et ses espaces ouverts, comme une clairière suspendue entre vallée et montagne.
Le plateau domine les gorges du Bronze d’un côté et la cluse du Borne de l’autre. Cela donne au site une vraie sensation de promontoire.
On n’est pas sur un simple replat anonyme de montagne, mais sur un balcon naturel placé entre plusieurs mondes : l’Arve, le Borne, les Bornes, le Bargy et, plus loin, les grands massifs alpins.

Vue sur la pointe d'Andey et Solaison depuis Le Môle © French Moments
Le massif des Bornes, décor naturel du plateau de Solaison
Le Plateau de Solaison appartient au massif des Bornes, l’un de ces massifs préalpins qui n’ont peut-être pas la célébrité immédiate du Mont-Blanc, mais qui possèdent une forte personnalité.
![Plateau de Solaison © Christian MOENNE-LOCCOZ - licence [CC BY-SA 2.5] from Wikimedia Commons Plateau de Solaison © Christian MOENNE-LOCCOZ - licence [CC BY-SA 2.5] from Wikimedia Commons](https://mon-grand-est.fr/wp-content/uploads/2026/07/Plateau-de-Solaison-©-Christian-MOENNE-LOCCOZ-licence-CC-BY-SA-2.5-from-Wikimedia-Commons-1.jpg)
Plateau de Solaison © Christian MOENNE-LOCCOZ - licence [CC BY-SA 2.5] from Wikimedia Commons
Les Bornes, ce sont des falaises calcaires, des alpages, des combes, des cols discrets et des routes qui semblent parfois chercher leur passage à travers la montagne. Rien n’y est vraiment spectaculaire au sens théâtral du terme, et pourtant tout y compose un décor profondément haut-savoyard.
Solaison en est un bon exemple. Le plateau n’écrase pas le visiteur par la démesure. Il séduit plutôt par son équilibre : un espace ouvert, une altitude suffisante pour sentir la montagne, mais une atmosphère encore pastorale, presque familiale.
C’est peut-être ce qui fait son charme. On peut y venir pour marcher, pédaler, skier en hiver, contempler les falaises ou simplement prendre l’air. Et parfois, prendre l’air en Haute-Savoie, c’est déjà tout un programme.
![Plateau de Solaison © CEDRIC BRUN - licence [CC BY 3.0] from Wikimedia Commons Plateau de Solaison © CEDRIC BRUN - licence [CC BY 3.0] from Wikimedia Commons](https://mon-grand-est.fr/wp-content/uploads/2026/07/Plateau-de-Solaison-©-CEDRIC-BRUN-licence-CC-BY-3.0-from-Wikimedia-Commons.jpg)
Plateau de Solaison © CEDRIC BRUN - licence [CC BY 3.0] from Wikimedia Commons
La chaîne du Bargy et les Rochers de Leschaux
Autour de Solaison, le regard est vite attiré par les reliefs calcaires.
Les Rochers de Leschaux forment l’un des grands repères du secteur. Ils ferment le plateau vers le sud et donnent au paysage ce caractère minéral qui contraste si bien avec les alpages.
La randonnée de la boucle des Rochers de Leschaux relie les plateaux de Cenise et de Solaison, en passant par les Rochers de Leschaux, dans un décor de chalets d’alpage, de lapiaz et de paysages ouverts.
Plus loin, la chaîne du Bargy ajoute un autre niveau au décor. Elle paraît plus rude, plus découpée, plus alpine aussi. Depuis Solaison et ses environs, on comprend très vite que l’on est dans cette zone de transition si intéressante entre la douceur des alpages et la puissance des falaises.
C’est cette tension qui donne au Plateau de Solaison son caractère : le lieu est accueillant, mais il n’est jamais banal. La montagne reste là, bien présente, pour rappeler que la carte postale peut avoir des dents.
La Pointe d’Andey : la randonnée emblématique du plateau de Solaison
Depuis le Plateau de Solaison, la Pointe d’Andey est sans doute la randonnée la plus emblématique.

Pointe d'Andey vue du Môle © French Moments
Ce sommet culmine à 1 877 m d’altitude et appartient lui aussi au massif des Bornes. Il domine la vallée de l’Arve et offre, par beau temps, un panorama très large sur les environs.
La randonnée part du secteur du parking de Solaison. Plusieurs itinéraires permettent de rejoindre le sommet, et le site de la mairie de Brison présente la Pointe d’Andey comme l’une des grandes balades du plateau.
Ce n’est pas une ascension himalayenne, et c’est très bien ainsi. La Pointe d’Andey offre ce que la Haute-Savoie sait faire de mieux : un effort raisonnable, un vrai sentiment d’altitude, des vues qui s’ouvrent progressivement, et cette petite satisfaction très personnelle d’être monté un peu plus haut que prévu.
Attention tout de même : c’est de la montagne. Le soleil peut taper fort, l’ombre est parfois rare, et le terrain demande de bonnes chaussures. La facilité apparente d’un paysage d’alpage ne dispense jamais du bon sens.
Brison, le village suspendu au-dessus de la vallée
Avant d’arriver au plateau, il y a Brison — ou Brizon selon l’orthographe officielle de la commune. Le village est accroché au-dessus de la vallée de l’Arve, dans un paysage qui annonce déjà la montée vers Solaison.
![Brison © Vamich - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons Brison © Vamich - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons](https://mon-grand-est.fr/wp-content/uploads/2026/07/Brison-©-Vamich-licence-CC-BY-SA-3.0-from-Wikimedia-Commons.jpg)
Brison © Vamich - licence [CC BY-SA 3.0] from Wikimedia Commons
Brison n’est pas une station spectaculaire ni un décor fabriqué pour les touristes. C’est un village de montagne, lié à ses alpages, à ses routes, à ses hameaux et à cette relation ancienne entre la vallée et les hauteurs.
Le site touristique Faucigny-Glières présente Solaison comme un alpage ensoleillé suspendu au-dessus de Brison, entre la Pointe d’Andey et les Rochers de Leschaux.
Cette image résume bien le lieu. Brison est le village d’ancrage. Solaison est l’ouverture. On monte de l’un vers l’autre comme on passe d’un monde habité à un espace plus vaste, plus lumineux, plus directement montagnard.
La route de Bonneville au plateau de Solaison : une montée spectaculaire
L’accès au Plateau de Solaison depuis Bonneville est déjà une expérience en soi.
En quittant la vallée de l’Arve, la route D186 grimpe vers Brison avant de poursuivre vers Solaison par la D186A.

Brison et la RD186 à flanc de falaise vus du Môle © French Moments
Pour les automobilistes, c’est une route de montagne spectaculaire. Pour les cyclistes, c’est autre chose : une affaire sérieuse entre les jambes, le souffle et la pente.
La montée depuis Thuet est une ascension de 11,2 km à 9,2 % de moyenne, avec des passages à 13-14 %. L'impression est saisissante, depuis le fond plat de la vallée, de voir la route chercher son passage dans une montagne qui semble presque verticale.
Et c’est exactement cela qui marque les esprits. Par endroits, la route semble taillée dans la falaise, suspendue au-dessus des gorges du Bronze. On a l’impression que quelqu’un a dessiné l’itinéraire en se disant : « Et si on montait tout droit ? » Puis, heureusement, quelqu’un d’un peu plus raisonnable a ajouté quelques lacets.
La montée est belle, mais elle demande de l’attention. La route est étroite, la pente est forte, et les paysages ne doivent pas faire oublier la conduite. C’est le genre d’accès où il vaut mieux prendre son temps — ce qui tombe bien, car le décor mérite largement qu’on ne soit pas pressé.
Alpages, chalets et activités au Plateau de Solaison
Une fois arrivé au Plateau de Solaison, le paysage change de rythme. La vallée est derrière vous. Devant vous, les alpages, les chalets et les sommets donnent au lieu une ambiance plus douce, presque reposante.
L’économie locale est liée au tourisme et à l’agriculture, ainsi qu’aux chalets d’alpage. Mais Solaison est aussi un site d’activités de montagne : ski de fond, biathlon, raquettes, randonnée et parapente.
En été, le plateau attire les randonneurs, les familles, les cyclistes courageux et ceux qui cherchent simplement un coin d’altitude pour respirer. En hiver, il devient un petit domaine nordique, avec une ambiance très différente des grandes stations alpines. Solaison se transforme en un site nordique à environ 1 500 m, adapté à plusieurs activités hivernales.
Ce qui plaît à Solaison, c’est justement cette simplicité. Le plateau n’a pas besoin d’en faire trop. Il offre de l’espace, de la lumière, des chemins, de l’herbe en été, de la neige en hiver, et ce genre de silence que l’on ne trouve jamais vraiment en bas, dans la vallée.
![Plateau de Solaison © Rémih - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons Plateau de Solaison © Rémih - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons](https://mon-grand-est.fr/wp-content/uploads/2026/07/Plateau-de-Solaison-©-Remih-licence-CC-BY-SA-4.0-from-Wikimedia-Commons.jpg)
Plateau de Solaison © Rémih - licence [CC BY-SA 4.0] from Wikimedia Commons
Le Plateau de Solaison et le Tour de France : un destin à la Glières ?
Le Plateau de Solaison n’a pas attendu le Tour de France pour exister. Les habitants, les randonneurs, les cyclistes et les amateurs de ski nordique le connaissent déjà.
Mais le Tour de France a cette capacité particulière à révéler un lieu au grand public. Le Plateau des Glières en est un bon exemple.
Avant le passage du Tour, les Glières étaient déjà un haut lieu d’histoire, de mémoire et de nature en Haute-Savoie. Mais à partir de 2018, avec l’arrivée du Tour sur ce plateau, son nom est entré dans l’imaginaire de millions de téléspectateurs.
Cette année-là, le Plateau des Glières apparaît comme une montée hors catégorie inédite sur le Tour, avec une pente moyenne autour de 11,2 % et une section non goudronnée sur le plateau.
En 2026, Solaison pourrait connaître un moment comparable. Non pas une invention touristique — le lieu est déjà bien réel, bien vivant, bien enraciné — mais une révélation.
Lors de l’étape 15 au Plateau de Solaison, la montée finale est présentée comme longue d’environ 11,3 km, avec une pente moyenne d’environ 9,1 %, ce qui en fait un final très exigeant.
Pour les téléspectateurs, ce sera peut-être une découverte. Ils verront la vallée de l’Arve, la montée vers Brison, les lacets, les falaises, puis l’ouverture du plateau.
Pour les coureurs, en revanche, le mot « découverte » risque d’être moins poétique. Après plus de 180 km de course et près de 4 000 m de dénivelé positif, Solaison sera surtout une dernière montée qui ne pardonne pas grand-chose.
Le Tour donnera peut-être au Plateau de Solaison son quart d’heure de célébrité internationale. Mais le paysage, lui, n’a pas attendu les caméras pour être spectaculaire.

Le Plateau de Solaison vu de la Sous-Dine © French Moments
Que voir autour du Plateau de Solaison ?
Le Plateau de Solaison peut se découvrir pour lui-même, mais il s’intègre aussi très bien dans une exploration plus large du Faucigny et de cette partie de la Haute-Savoie.
Mont-Saxonnex
Non loin de Solaison, Mont-Saxonnex offre une autre ambiance de village-balcon. Le site est tourné vers le Bargy et les paysages de moyenne montagne. C’est une bonne idée d’excursion si vous souhaitez rester dans cet univers de villages perchés, d’alpages et de vues ouvertes.
Le lac Bénit
Au pied du Bargy, le lac Bénit est l’un des petits bijoux naturels du secteur. Ce lac de montagne, accessible en randonnée, offre un décor très différent de Solaison : plus intime, plus encaissé, avec l’impression d’être au pied d’un grand amphithéâtre rocheux.
Le col de Cenise
Le col de Cenise est un autre plateau pastoral voisin, bien connu des randonneurs. Il peut se relier au secteur des Rochers de Leschaux et de Solaison par des itinéraires de montagne. La boucle des Rochers de Leschaux relie justement Cenise et Solaison dans un cadre de lapiaz et de chalets d’alpage.
Bonneville

Bonneville en Haute-Savoie © French Moments
En contrebas, Bonneville permet de comprendre la vallée avant de monter vers les hauteurs. Ville historique du Faucigny, au bord de l’Arve, elle constitue une base pratique pour découvrir Solaison, le Môle, les ruines de Faucigny et la vallée de l’Arve.
La Roche-sur-Foron
La Roche-sur-Foron, avec sa vieille ville, son atmosphère médiévale et sa position entre Genève, Annecy et la vallée de l’Arve, complète bien une journée ou un séjour dans le secteur. Elle apporte une touche plus urbaine et patrimoniale à un itinéraire dominé par les paysages de montagne.
Le Plateau de Solaison vaut-il le détour ?
Oui, sans hésitation — à condition d’aimer les lieux de montagne qui ne cherchent pas à rivaliser avec les grandes stars alpines.
Le Plateau de Solaison n’a pas la notoriété de Chamonix, le raffinement touristique d’Annecy ou la puissance symbolique du Plateau des Glières. Mais il possède autre chose : une présence.
On y trouve une route spectaculaire, un village de montagne, des alpages, des chalets, des falaises, des randonnées et une vraie sensation d’altitude au-dessus de la vallée de l’Arve.
En 2026, le Tour de France braque les caméras sur Solaison. Beaucoup découvrent alors ce balcon alpin pour la première fois. Mais ceux qui connaissent déjà le lieu savent une chose : le Plateau de Solaison n’a pas besoin du Tour pour être beau. Le Tour ne fait que montrer à tout le monde ce que la montagne gardait jusque-là un peu pour elle.

